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Pleut-il moins en montagne aujourd’hui que hier ?

Au cours de cet hiver marqué par des inondations de grandes dimensions en vallée de la Garonne notamment, penchons nous sur l’évolution des précipitations grâce aux relevés de Météo France. Cette institution que nous connaissons bien n’est pas seulement un outil de communication. Depuis plus de 150 ans, elle rassemble et conserve ses archives météorologiques pour sauvegarder la mémoire du climat et caractériser son évolution. 

Malgré les impressions que l’on peut en avoir au vu de la raréfaction des orages de montagne au printemps et en été ainsi que des chutes de neige moins nombreuses et moins abondantes, il est étonnant de lire que les précipitations ne montrent globalement pas de changements significatifs sur les derniers 75 ans . A l’échelle locale, si on se base sur les relevés la la station de Génos (voisin de Loudenvielle, Hautes Pyrénées) on note une moyenne annuelle de 1480mm/an entre 1950 et 1985 et 1420mm/an entre 1986 et 2025. Une baisse de 60mm seulement. Notons que  la zone Est des Pyrénées est en proie à un déclin annuel notable de l’ordre de −3 % par décennie.

La légère baisse enregistrée dans les Pyrénées centrales françaises est donc peu parlante. Mais elle cache d’autres réalités : variabilité interannuelle accrue depuis les années 1990 et surtout une redistribution saisonnière : Moins de neige, pluies plus irrégulières. Le manque de neige est certainement le signe le plus évident pour tous pour ceux qui habitent en montagne tout au long de l’année et pour ceux qui recherchent le blanc manteau comme décor de vacances.

Tous les indicateurs d’enneigement sont à la baisse sur tous les massifs, quel que soit le scénario d’émissions de gaz à effet de serre. Avec des températures plus élevées, les épisodes de pluie deviennent plus fréquents, au détriment des chutes de neige. De surcroît, la neige présente au sol fond plus rapidement. Épaisseur et durée de l’enneigement diminuent ainsi sous l’effet de l’augmentation de la température, dans des proportions qui dépendent de l’altitude, de l’exposition des pentes (Nord ou Sud), mais aussi des massifs montagneux. En effet la géographie aussi son importance car l’ampleur du réchauffement hivernal n’est pas uniforme sur le territoire. Il est particulièrement fort sur la moitié Sud-Est du pays notamment pour les zones de relief ce cette zone. Si à l’ensemble de de l’Hexagone , l’amplitude du réchauffement est légèrement moins forte en hiver qu’en été , les Alpes et les Pyrénées connaissent une autre évolution : L’Observatoire Pyrénéen du Parc National note une augmentation hivernale de +1,0°C en 50 ans et certaines analysent font même état de 1,2°C (Connexion France)

Sur cette toile de fond, réjouissons nous d’un hiver 2026 actuellement plutôt bien enneigé en haute et moyenne montagne, considéré par Météo France comme fidèle aux moyennes de saison  des dernières années. C’est positif pour l’ensemble de la Nature et sa disponibilité en eau pour les mois à venir. Quant à nous, profitons des paysages fabuleux pour nous y balader.

Sources :

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