Ceux qui ont gouté à l'automne dans les Pyrénées y reviennent souvent. C'est une palette de couleurs qui évolue chaque jour, une ambiance sereine et beaucoup d'autres choses que les mots peinent à décrire.
Les invasives
Si le qualificatif d’invasives s’applique autant aux espèces animales que végétales, nous parlerons dans cet article particulièrement des plantes. Une plante invasive n’est pas simplement une plante envahissante, on la nomme même actuellement une EEE ou « espèce endogène envahissante ». Il peut s’agir d’une plante exotique amenée sur notre continent en tant que fleur d’agrément ou par transport involontaire (Vive la mondialisation…). Vous connaissez certainement le buddleia de David (photo ci-contre), ou encore l’impatiens (ou balsamine) de l’Himalaya (photo d’en tête d’article) dont les inflorescences ont un véritable intérêt esthétique. Contrairement à une plante simplement envahissante sans pour autant dégrader son milieu environnant, la plante invasive pourrait être qualifiée réellement de mauvaise herbe. C’est peut-être un rare cas où l’on pourrait employer ce terme. En effet, la colonisation d’un milieu naturel par certaines espèces végétales venues d’ailleurs aboutit à des catastrophes écologiques. Notons leur adaptabilité leur permettant de vivre dans des habitats très différents, donc dans des conditions climatiques ou podologique très variées. Certaines seront pionnières avant les plantes pionnières habituelles et ne laisseront pas évoluer ces dernières, d’autres apprécieront particulièrement les sols riches en azote supplantant donc les végétaux nitrophiles indigènes. Leur extension rapide renforce chaque jour leur prolifération sur leurs milieux préférés .
Nul besoin de dessin pour imaginer à quel point le processus de colonisation naturelle d’un milieu s’en trouve perturbé. Ainsi par exemple, promenez vous sur les rives de la Garonne ou sur les flancs des sommets du piémont pyrénéen pour mesurer l’ampleur de ce phénomène ! Bien que le buddleia soit aussi nommé « arbre à papillons », il va de soi que multiples insectes ne se retrouvent pas du tout dans ce changement surtout si leur existence est intimement liée à une plante en particulier. Et ce n’est là qu’un exemple de dégradation des relations d’un écosystème d’origine. La modification progressive du climat, la difficulté de l’intervention humaine (Attention, ce n’est pas facile : Arrachez la Renouée du Japon, elle repousse de plus belle) pour lutter contre cette invasion et l’aspect exponentiel de celle-ci laissent interrogatifs sur la flore de demain.
A suivre… , profitons encore de nos fleurs sauvages autochtones , surtout en montagne où une préservation de ces perturbations est réelle.

