POINTS DE VUE    

 

     En montagne, d'un sommet à un autre, d'un col à un autre, d'une fois à l'autre, il y a toujours un nouveau point de vue!

Faisons de cette rubrique un bric à brac de réflexions autour des Pyrénées, des montagnards et des randonneurs du dimanche, et plus largement de la faune et la flore des hauteurs.

 

 

HOMMAGE  A LA PLUIE 

et bilan pluviométrique 2011

Aujourd'hui, le feu éclatant des forêts  s'est éteint. Une parenthèse dans ce merveilleux automne coloré. Il pleut. Les montagnards aujourd'hui ne seront pas de sortie. Ils sont rentrés à la maison, se réjouissant de cette eau car notre montagne avait  bien soif. Il semble qu'il ait plu ce matin plus que tout l'été. Exagération? J'en devine parmi vous qui  levent les bras au ciel et médissent sur le mois de juillet tant arrosé...

Erreur! vous dis-je  sans ambages!

Plutôt que de pluies incessantes,

Parlons de nuages à tout étage,

Pour dire la météo de juillet .

Au diable les plaintes agaçantes;

Il  suffisait simplement de grimper

A deux mille métres , il est vrai,

Pour savourer nos belles  Pyrénées.

 

Ce fût donc sec en altitude ;

Où sont  les orages d'antan?

Ceux qui dans un moindre temps

Reverdissent  même les pentes sud.

Après  un hiver  peu enneigé,

Puis un printemps  extraordinaire,

L'eau finirait elle par manquer?

Mais si ces quelques modestes vers,

A vous convaincre ne suffisent,

Il nous reste les statistiques

Pour surpasser ces bavardises

C'est du concret,  c'est  scientifique!

Source Keraunos, obsertoire des tornades et orages violents en France :  "Le mois de juillet 2011 a connu une activité orageuse faible, d'un niveau inhabituellement bas pour un mois d'été. Seul l'épisode orageux des 12 et 13 juillet a présenté une sévérité marquée durant ce mois, avec des chutes de grêle, de fortes pluies et de puissantes rafales de vent entre Massif Central et Jura notamment"

Et puis, pour indication, un petit graphique issu d'un site amateur et se rapportant à l'ain  (http://meteo.viriat.free.fr)

Dommage, je n'ai pas trouvé de chiffres 2011 concernant le massif de Néouvielle. Il est réputé pour son micro-climat sec,  que nous avons largement "exploité" au cours du mois de juillet lorsque le temps maussade et humide sévissait dans les vallées, le piémont et la plaine.

Cette petite lettre , faussement prétentieuse, ne voulait cependant pas démontrer que le mois de juillet avait été sec. Elle voulait simplement moduler le qualificatif 'pourri" qui n'est tout au moins pas adapté au climat de la haute montagne pyrénéenne que nous avons connu l'été dernier. Rendre hommage au "mauvais temps" n'est pas si commun. La pluie, que nous nous fuyons généralement nous est pourtant précieuse.

D'ailleurs, au moment où je vous parle, là haut sur les sommets; il neige. N'est ce pas ce que nous voulons pour cet hiver?

Caroline, 3 novembre 2011

 

INSPIRATION AQUATIQUE

J'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, quand on marche et qu'on marche seul - avec son chien qui va et qui vient jusqu'à vous comme une habitude -,  on pense...

On peut par exemple penser à la marche du siècle et des fois, on prend peur. Surtout que notre siècle, il ne vient que de commencer. Mais non, ne parlons pas de DSK, de toutes les images et de tout le prêt à penser qu'on aimerait bien nous fourguer. Pour ma part, je pense beaucoup à ce que je regarde, je regarde donc je pense. Je pense donc je suis . En ce moment, je suis justement un ruisseau qui déborde de vie et c'est en cheminant sur ses rives que je me mets à penser à son devenir. Il s'agit d'un nouveau né qui, malgré sa toute jeunesse vient déjà de quitter sa source.

Babillant d'innocence et de naïveté, il s'emerveille à présent devant les paysages qu'il traverse, se prélasse quelques temps auprès de quelques pierres puis s'empresse subitement dans le jeu d'une rupture de pente. Je le rejoins plus bas pour le retrouver serein, apaisé sur un replat de son lit. Il a repris ses forces et continue son chemin en doux roucoulements , saluant au passage les parterres de fleurs savamment disposés sur les rives ou jouant à coups de remous avec les truites cachottières. Tiens! Voici ici un point de rencontre. Le ruisseau découvre un de ses semblables. Les deux se touchent pour une prise de contact et le jeu repart de plus belle. Il a grandi ce ruisseau, il se fait torrent; il est devenu un autre qui lui même, enrichira bientôt ses expériences. C'est le cours de l'eau, le cours de la vie, celui là même qui vous fait prendre un peu de sérieux dans l'existence. L'insouciance s'estompe peu à peu et les grandes questions commencent à emmerger. Et de rencontres en rencontres, la conversation s'active, voire le ton monte.

Quant à moi qui descend de la montagne, je ne veux rien en rater, j'ai tant de choses à apprendre. Je reste à l'écoute mais le brouhaha ne rend pas la chose facile.. Tout le monde parle en même temps (nous sommes pourtant dans les Pyrénées françaises et non en Espagne). Enchantées par la fonte des neiges précoce qui, cette année, les a libérées très tôt, les eaux se mettent maintenant à chanter. Elles chantent juste. Et dansent juste : Elles tournicotent sur elles mêmes, bondissent en cascades , pétillent de jeunesse et taquinent les rochers dont elles émoussent la rigueur. Elles philosophent gaiement sur le cours de la vie, abordent les questions d'avenir et d'orientation qui se posent à tout un chacun au cours de l'existence. Plus tard, je voudrai être, plus tard, je serai. Mais jamais, je ne serai... Dans cette cacophonie, je parviens à entendre :

"Je veux devenir une eau dormante , je suis plutôt sédentaire et l'idée de partager ma vie avec les euproctes et les têtards est pour moi plutôt rassurante. Et puis qui sait, un jour, j'aurai peut-être le bonheur d'accueillir Rana Pyrénaica, notre petite grenouille pyrénéenne."

"Pour ma part, répond une autre voix, je déteste les microcosmes. Moi, je suis faite pour voyager loin de mon berceau natal. Comme la truite fario, je veux voir du pays. As tu déjà pensé à quoi peut ressembler les coteaux du Gers, la belle Garonne, la célèbre ville rose, la fière bordelaise et l'Océan Atantique, celui là même qui nous sépare de l'Amérique?"

"Baliverne, s'exclame une voix avertie aux accents pessimistes. Je suis tout en même temps charmée et navrée par votre légèreté de pensée. N'avez vous jamais entendu parler des retenues d'eau pour les canons à neige, des barrages de grande envergure et des dévoreuses pompes d'irrigation qui oeuvrent dans les champs de maïs? Surtout que en ce printemps 2011..."

"Ne décourage donc pas les jeunes, interrompt une eau profonde, et ne fais pas ta rabat-joie! Nous ne deviendrons pas de l'eau à canons (canons à neige ou canons d'irrigations) si nous le décidons. Il y a toujours des échappatoires. Il suffit d'être vigilant et décidé!"

N'aurait -elle pas raison cette vieille branche de ruisseau?. Ne nous laissons pas endoctriner, ne permettons pas à nos pensées de se faire canaliser puis capturer. Place à la dérive, place à l'aventure , place aux détours et à la curiosité. Place au voyage, au voyage à pied en particulier car c'est un des plus beaux que l'on puisse faire.

En tout cas, pour ma part, du haut de mes montagnes, je regarde l'eau s'en aller et vous rejoindre, vous gens des vallées, des coteaux, des plaines et des régions côtières. Alors, tout simplement, je pense à vous et au bonheur de bientôt vous retrouver pour de belles randonnées prochaines.

Après tout, peut être que vous aussi , sur les berges de votre rivière ou de votre fleuve, vous pensez à vos sources et à la montagne. Songez y depuis vos rives, et envisagez de remonter aux sources . On se verra sûrement....

Caroline, mai 2011

 

NEWS DE PRINTEMPS


Depuis les dernières Randocarline News  tout bouge!
Il y a les grands mouvements de notre planète qui chavire.

Il y a aussi les élans saisonniers de la Nature, rieurs et perceptibles chaque jour par celui qui vit au "grand air", expression particulièrement adaptée à la montagne qui depuis quelques temps se met sur son 31 . A vrai dire 31, c'est bien inférieur à la réalité , à en juger par les nombreux modèles de la garde robe nous venant spontanément en tête : Aspérule et Anémone, Bleuet, Corydale, Daphnés bois joli ou lauréolé, Erythrone, Ficaire, Gouet, Héllébore, (Désolée, c'est encore trop tôt pour l') Iris, Jonquille, Lathrée ou belle clandestine, Merisier et Mercuriale, Narcisse, Oxalys, Primevère qui a elle toute seule prétendrait-elle résumer le printemps , Renouée des ... Mais j'ai crainte de vous endormir avec mon A à ZZZZZ de la collection fleurie printemps 2011. Oops, difficile tout de même de passer sous silence celle qui réclame notre attention, celle qui, sous divers pseudonymes, cherche à gagner du terrain dans l'Alphabet : Forget-me-Not, Gremillet, Herbe de l'amour, Ne-m'oublie-pas, Nomeolvides, Niezzopomina (version polonaise mais laissons les stages linguistiques pour plus tard), Oreille de Souris, Scorpionne, etc. Gare à ne pas écraser cette délicate fleur également appelée Myosotis. En abondance sur le bord des chemins, elle se tient prête à murmurer sa légende à l'oreille du passant attentif. Les plantes nous parle, il suffit de bien vouloir les entendre.

Traversant la prairie, vous foulerez peut être un bois de cerf enfoui dans l'herbe haute et croiserez plus loin son ex-propriétaire dont la tête commence déjà à s'orner d'une nouvelle parure dernier cri. Les biches, elles, jouent la discrétion car les naissances prochaines des faons (dés mai) les invite à s'isoler petit à petit du reste de la harde. Leurs quartiers d'herbe grasse retrouvés, les isards jubilent, alors que les marmottes, à peine réveillées , sont encore réticentes aux grandes sorties. Dans les fonds de vallée reverdis, vaches et brebis prennent à peine le temps de relever la tête : Il y a tant à manger ! Les arbres, cette année aussi empréssés que ceux des plaines, ont déjà déployé leurs feuilles et les morilles ont fait une appartition précoce, les ramasseurs de champignons aussi. A l'image du pipit spioncelle s'élévant droit vers le ciel à mesure que son chant monte dans les aigüs (parade et chant d'amour), le printemps est donc parti en flèche.


Par ce soudain passage de l'hiver à la chaleur, le montagnard pourrait cette année se sentir dérouté. Mais voici que bientôt, délaissant la neige encore bien là sur les crêtes, il chemine allègrement, tous les sens en éveil : "Montagne, ouvre toi!" Et la magie s'ensuit.. Même la caverne de Ali Baba n'est pas à la hauteur. C'est ça la randonnée, c'est mille et une surprises! A l'antipode des programmes de vacances établis point par point, la "Rando du Jour" ne dévoile qu'une petite partie de son menu à l'avance. Elle sera celle que l'on en fera, sans savoir qui ou quoi nous accompagnera : Un vol de rapaces, une hermine observée avec sa progéniture, la traversée d'une forêt éclatante de couleurs, l'odeur de nectars mêlés, la douceur du vent, les premières lueurs du matin superposées à la mer de nuages ( photo de fond de lever de soleil mercredi dernier) , les quelques mots échangés avec le berger du coin ou la rencontre avec des compagnons de rando fort sympathiques? Ne comptez pas sur la liste, il n'y en a pas. Chaque fois, une nouvelle rando, c'est une nouvelle ambiance, une belle aventure. Et c'est pour ça qu'on vient et qu'on revient! Vive les voyages, et parfois si près de chez soi!


Au fait, vous faîtes quoi cet été? Forget me not! A bientôt!


Caroline , Randocarline News de Avril 2011

 UNE GRAVE MENACE GRONDE SUR NOTRE MONTAGNE...

Il n'est pas ici question d'orage ni de tremblement de terre. La menace est humaine et de proportion tout à fait ... inhumaine!

Connaissez vous la verdoyante vallée de la Géla en haute vallée d'Aure. C'est un coin de verdure ou paissent les troupeaux, où les isardes et leurs petits viennent se ressaisir  après les rigueurs de l'hiver. Les marmottes y ont élu domicile, de nombreux migrateurs ont choisi ce passage et le gypaête barbu est un familier de ces lieux. Une superbe et spectaculaire muraille nommée Barroude sur un versant et Troumouse sur un autre  ferme cette vallée. Peut être la connaissez vous? Vous savez, en plein Parc National? Oui, pour ceux qui en eu cette chance d'y aller, c''est bien  cet endroit magnifique où une petit sieste  près des lacs vous a donné  un jour l'occasion d'entrevoir le Paradis...

Des paradis comme celui ci ne peuvent être la proie des promoteurs et du monde des affaires.. HALTE LA, c'est un cri du coeur!

Mais pour l'instant, le courage me manque pour vous décrire les horreurs surréalistes que l'appât du gain pourrait y  engendrer. Voyez plutôt:

www.sauvons-la-gela.org

Que vous soyez habitant, résident secondaire, touriste régulier ou de passage ou bien tout simplement un défenseur de la nature et de la montagne, exprimez vous, manifestez vous à partir du site ci dessus

et signez la pétition:http://www.mesopinions.com/Sauvons-les-vall%C3%A9es-de-Saux-et-de-La-Gela-dans-les-Pyr%C3%A9n%C3%A9es---petition-petitions-08f82e2749d69a0b946649011e247116.html

 

Caroline, janvier 2011

Un des lacs de Barroude 

 LA MONTAGNE, UNE AFFAIRE DE FAMILLE

N'ayez pas peur pour vos petits. La montagne ne les mangera pas. ce sont eux qui la dévoreront des yeux ou même parfois à pleines dents: Une racine de dite-réglisse, quelques succulentes baies noires et luisantes dont le simple nom nous fait saliver, quelque feuille de plante au goût aussi fin qu'insoupçonné, et pourquoi pas un délicieux champignon en début d'automne. L'hiver aussi, la neige se goûte (Prenez quand même un pique nique) : Elle est souvent si bonne qu'on s'y roule, s'y glisse, qu'on y saute à pieds joints et qu'on la fait voltiger sur la pointe de ses raquettes... C'est tellement cool la descente qu'on ne se rappelle même plus qu'on a râlé à la montée.

Que cela soit dit, il y a façon et façon de se promener avec les enfants. Il y a le "Marche et tais toi, allez, dépêche!", il y a aussi le concours du premier qui a trouvé le fruit qui va avec cette feuille, le petit atelier aquatique au bord du ruisseau, le lever du soleil quand il faut partir à la frontale ou la sortie nocturne à écouter le brâme du cerf. On continue ? mais je vais manquer d'encre ... entre le suivi des traces d'animaux dans la forêt enneigée , la baignade plus ou moins improvisée dans ce petit canyon du Haut -Aragon (Ah!.. ce bleu!) , l'histoire de Emilio-le-petit-berger, le bivouac une nuit de pleine lune, l'observation des marmottes ou des isards à la lunette, etc  et l'escapade sur une ou deux journées avec des chevaux bâtés.  Chevaux bâtés, dites vous? Pourquoi pas des ânes? Eh bien parce que... mais chut, parents! ne le dîtes pas à vos enfants : Parce que ce sont de braves chevaux qui ont fait leurs preuves, bien costauds pour porter nos affaires et  que ...si votre enfant est un peu fatigué, un bon dos de cheval, ça repose!

Marcher en famille, c'est donc un grand plaisir pour tout le monde, pour les jeunes comme pour les parents , c'est le partage de moments exceptionnels, c'est l'occasion de se retrouver dans une situation nouvelle et parfois de se découvrir sous un nouvel angle.

Qu'en pensez vous, enfants et parents?

Caroline, octobre 2010

Un peu plus d'infos sur ces randos avec chevaux bâtés?

 Les RANDOCARLINE NEWS

Elles existent depuis plus d'un an et s'adressent à vous chaque mois.Elles ne se prennent pas trop au sérieux. Elles vous livrent une réflexion, une pensée du jour, un divertissement,  vous rappelent sans détour que les Pyrénées sont grandes , fabuleuses, magnifiques , indispensables à l'existence. Elles vous amènent un petit vent de montagne . Il suffit de la demander et la dernière Randocarline News vous arrive à la maison!

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