EFFETS DE GEL (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°12 : EFFETS DE GEL

Les alternances de température se traduisent en hiver par des effets de gel très divers ici en Ecosse. Les chutes de neige ont été pour l’instant suivies par de belles périodes de froid sec, laissant la neige poudreuse à souhait, merveilleusement légère pour quelques jours. Pourtant, en moyenne montagne, le grand  froid ne semble pas encore  durer très longtemps à cette période de l’année. La neige s’humidifie alors, parfois même se gorge de pluie. Il s’ensuit  la formation de glace sur des surfaces très étendues, entretenue par le vent froid et permanent dans de nombreux endroits. C’est le cas des crêtes ou des pentes exposées au vent devenues alors aussi lisse que la  la vitre. Crampons et piolets deviennent souvent indispensables même pour une petite randonnée.

Les effets de gel sont spectaculaires sur les cascades, les lacs et les rivières. En peu de temps, les eaux se sont figées. La nature, dans sa fascinante créativité, nous offre une grande gamme d’oeuvres d’art qui va de la simplicité à l’excentricité. L’eau, dans ses différentes parures de gel, semble tantôt imiter le minéral (comme ces petits pompons d’aragonite présentés dans le diaporama suivant), tantôt le végétal. Parfois même, elle semble avoir dessiné des formes animales , des dents de requins par exemple. Elle laissent de toute façon cours à votre imagination que celle-ci soit plutôt orientée vers la Effets de gel sur la Loch Nessgéométrie, les petits lutins ou les légendes de créatures gigantesques momentanément endormis au fond des lochs. Evidemment, à ces mots, vous avez aussitôt pensé au monstre du  Loch Ness… Mais laissons le dormir à présent, nous partirons sur ces traces au printemps prochain quand il sera libéré du piège de la glace. 

En attendant, les cascades de glace représentent un terrain de jeu fantastique  pour les grimpeurs. L’Ecosse jouit d’une réputation internationale dans ce domaine. A Kinlocheven, petit village au coeur des Highlands, un centre d’entrainement, de formation et de compétitions accueille des maestros de la glace venus de partout.

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LA TOURBE (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°11 : LA TOURBE

Il semblerait que bon nombre d’entre vous parcourent ces « échos d’Ecosse » en attendant patiemment qu’on leur parle enfin de vraies choses, de ce qui à leur yeux (ou leur palais) sont l’essence même de l’Ecosse. Oui, par exemple,  de ce produit si bien connu qui a la couleur de la tourbe écossaise, qui en a légèrement  l’odeur, qui parfois même coule à flots. Mais non, il ne s’agit pas de la pluie quoique…..ce n’est pas ce que dit la photo ci dessous.

La pluie d’aujourd’hui est le Whisky de demain

Eh bien, encore raté pour aujourd’hui, je ne vous parlerai pas du whisky! Primo, car je n’en suis pas encore une connaisseuse, je n’ai pour l’instant qu’assisté à un grand moment de dégustation en refuge sans vraiment y participer (si, si) . Secundo, parce que comme pour toute chose, il faut bien partir du début.

Au commencement, Dieu créa l’Ecosse (et cela dût mettre beaucoup de temps !!!) . Il y ajouta un bon zeste de climat humide, de ces climats où les apports d’eau (pluie, neige, brouillard, ruissellement, nappe…) sont  égaux ou supérieurs aux pertes (évaporation, écoulements…) et où les températures ne sont pas franchement élevées. Une roche peu  poreuse, voire même imperméable et acide de préférence (granit, micas, quartz), des zones peu pentues, plates ou même mieux en creux, représentent les autres ingrédients nécessaires à la formation de ce sol si étrange qu’est la  tourbe. A ce point , nous sommes encore bien loin du whisky. Patience! Car la turbigenèse , (entendez par là la formation de la tourbe et non la dernière invention de Moulinex pour gagnez du temps, le temps  que vous auriez  perdu en lisant les chroniques de Randocarline), la  turbigenèse, disais-je, est un  processus qui peut durer des milliers d’années. C’est l’accumulation progressive de matière organique non décomposée (essentiellement végétale) et son tassement qui contribuent au fil du temps à former la tourbe. Il y a là des joncs, des carex, des mousses et notamment des sphaignes.

Sphaignes

Ces dernières sont particulièrement importantes car, produisant de l’acide organique, elles  entretiennent   et même renforcent l’acidité du sol. Ajoutons les linaigrettes que vous connaissez sûrement, la bruyère et même parfois des plantes reliques de la période glaciaire (certains saules nains) qui trouvent  ici leur dernier refuge. Grâce à ce milieu constamment gorgé d’eau,  donc très pauvre en oxygène,  la matière organique se conserve.

Dans ce sol très spongieux qui ne sèche jamais , le randonneur est peu à l’aise. C’est tant mieux, car son passage sur ce substrat fragile ne peut être que ravageur . Mais l’homme sait toutefois en faire usage. La tourbe, une fois séchée et découpée en briques, est un combustible excessivement riche en carbone, encore exploité dans certaines régions d’Ecosse, comme l’île de Skye ou la côte NW. Son exploitation est soumise à autorisation, et sa consommation à de bons estomacs

Consommation déconseillée

Et la whisky dans tout ça? La whiskygenèse est un processus lui aussi très lent  dont vous ne venez de lire qu’une avant-phase et qui sera l’objet d’un futur article ou d’une future visite avant après-rando,, pour  le petit groupe que j’attends en mai. Un détour par une distillerie, ça vous dit?

LES CAIRNGORMS (ECHOS D’ÉCOSSE)

 ECHOS D’ÉCOSSE n°10 : LES CAIRNGORMS

Ce nom gaélique est celui du plus grand massif de l’Ecosse contenant donc le plus de noms de sommets  imprononçables . Pas n’importe quels sommets puisqu’on y trouve  les Munros les plus hauts dont le Ben Macdui (1309 m), 2ème d’Ecosse après le Ben Nevis situé, lui, à l’Ouest des Cairngorms -mais pas très loin.  S’y situent également le Beinn a’Chaorainn, le Carn a’Choire Bhoidheach, le Carn an Fhidhleir, le Sgor an Lochain Uaine ou encore  (bientôt, promis, j’arrête momentanément de m’amuser à vous martyriser avec cette prononciation),  le Cairn Gorm  qui a donné son nom à cette ensemble géologique.

Prenant tour à tour, l’allure de hauts plateaux voire de toundras , de gigantesques collines aux dos ronds, de cirques alpins,  d’arêtes aiguës, de bassins lacustres immenses, de pentes recouvertes de superbes pins d’Ecosse (un pin sylvestre au port majestueux  qui ne rechignent pas aux sols humides), de vallées tantôt larges, tantôt étroites, les Cairngorms se parcourent dans tous les sens. Créé en 2003, ils  constituent le premier parc national d’Ecosse par sa superficie  de 4 528 km2 .L’habituel cerf élaphe, le lagopède alpin, le lagopède d’Ecosse se rencontrent facilement, Si le grand tétras est bien plus difficile à apercevoir (comme dans tout massif où il est présent), la chance de surprendre un renne n’est pas si rare. Notre petit groupe de randonneurs a d’ailleurs eu cet avant-cadeau de Noël il y a quelques jours. Le renne d’Europe, disparudes lieux  depuis 8500 ans, a en effet été (ré)introduit en Ecosse il y a 65 ans  dans le massif réputé le plus froid et le plus venté d’Ecosse, c’est  à dire près d’Aviemore dans les … Cairngorms.

Un vrai label!

 

 

En cette saison, vous imaginez donc qu’il  n’y fait déjà pas très chaud. La photo ci dessous prise au Sgor Gaoith, autrement dit au Pic du Vent, vous mettra dans l’ambiance du weekend dernier. Mais sur un autre sommet visité le lendemain au  nom tout simple de A’ Bheithneag Mhòr* ; l’air n’était pourtant pas plus chaud. Dire qu’il y a eu dans ce secteur, comme dans d’autres massifs d’Ecosse une activité  volcanique! Il est vrai que c’est  une bien vielle histoire de 460 millions d’années et que bien d’autres phénomènes géologiques et climatiques s’y sont passé depuis.

* Mes connaissances en gaélique sont trop pauvres pour vous offrir une traduction certaine. Celle ci semble faire débat. Une des hypothèses de traduction de « A’ Bheithneag Mhòrest » est le Pic de la conduite de cheminée : La traduction la meilleure à prendre pour  le montagnard qui, luttant contre les éléments pour parvenir au sommet, verra en le premier nuage un joli panache rassurant de fumée.

 

 

PREMIÈRES NEIGES – ECHOS D’ÉCOSSE

ECHOS D’ÉCOSSE n°9 : PREMIÈRES NEIGES

Au moment où elles commençaient à tomber dans les Pyrénées il y a une dizaine de jours , les premières neiges blanchissaientt aussi les sommets écossais. Le froid est donc bien  arrivé ,  il a même neigé brièvement  à 150 m d’altitude avant-hier. De petites cascades de glace commencent à se former sur les faces Nord des hauts sommets comme celle du  Ben Nevis.

Les premières neiges sont toujours une étape, elles marquent la fin d’une saison. C’est un grand pas dans l’hiver qui ici, l’hiver ne semble pas être une mince affaire. Pour continuer à parcourir la montagne, il ne faut  pas négliger son équipement. Doudoune, gants et bonnets sont déjà devenus impératifs en cette mi-novembre. Glagla!

LE HÊTRE D’ÉCOSSE (ECHOS D’ÉCOSSE )

ECHOS D’ÉCOSSE n°8 : LE HÊTRE D’ECOSSE

Parlons du hêtre d’Ecosse, avant que le vent plutôt dynamique d’aujourd’hui, ne fasse tomber ses dernières feuilles. Vous le connaissez, ce fagus sylvatica,  cet arbre si majestueux dans nos forêts des Pyrénées, de France et de Navarre. Fagus est une divinité celte,  un dieu-arbre dont des traces de culte ont été retrouvées  dans les Hautes Pyrénées (Si si, en Barousse). En montagne, le voici bien plus tortueux que dans les plaines de Picardie, souffrant de conditions rigoureuses et de sols pauvres, rechignant alors à pousser bien droit. C’est aussi le cas pour le hêtre d’Ecosse qui excelle dans l’art des silhouettes les plus excentriques, des troncs noueux , des branches lancées tout azimut et dans la fantaisie des excroissances.

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Pourtant, surprise, même si l’Ecosse semble un terrain de prédilection pour cette noble essence, même si le sol jamais sec et l’hygrométrie d’ Ecosse lui correspondent tout à fait, le hêtre d’Ecosse n’est peut être pas vraiment écossais. Il aurait été importé du sud de l’Angleterre et du sud du Pays de Galles et planté ici en Ecosse à l’âge de bronze . Ce hêtre anglais ou gallois daterait lui même du retrait des dernières glaciations. Est-il  venu du continent?  Que d’interrogations…  Vous mesurez donc la grave crise identitaire du hêtre en Grande Bretagne, et particulièrement du hêtre d’Ecosse et vous voyez venir la fameuse question « Hêtre ou ne pas Hêtre » que même Shakespeare lui-même  ne semble pas avoir résolue…

Pourtant un récent rapport  de chercheurs de l‘université de Stirling  (juillet 2017) a fait cette fois bien avancer le débat, et ce  grâce à l’examen  de l’ADN de 800 hêtres. Résultat : Le hêtre d’Ecosse serait bien un indigène, même si la population d’origine a été renforcée par des plantations. Voilà qui change tout! Le hêtre d’Ecosse, vilain petit canard accusé de domination au détriment de la végétation autochtone, est  réhabilité et redore  soudain son blason. C’est le cas de le dire surtout en cette période d’automne où le hêtre d’Ecosse nous ravit de son feuillage orangé si lumineux.

Pour finir, c’est incontournable, nommons ce bel arbre dans la langue de Shakespeare (encore lui c’est vrai , mais comment parler de Hêtre sans parler de ce célèbre penseur?): The BEECH. A ne pas confondre évidemment avec the Beach, mais de toute façon ce n’est pas la saison. A ne pas prononcer comme « Biche », bien que la hêtre et la biche, ma foi, vont plutôt bien ensemble. Car il vous faut prononcer un iiii un peu long : C’est là la subtilité de la langue anglaise. To beech or not to beech,  that is the question, comme dirait le Hêtre d’Ecosse.

 

ECHOS D’ÉCOSSE : LES BANCS ÉCOSSAIS

ECHOS D’ÉCOSSE n°7 : LES BANCS ÉCOSSAIS

Les promeneurs en Ecosse  semblent excessivement contemplatifs. C’est tout au moins ce que l’on peut déduire du grand nombre de bancs installés par-ci par-là le long des sentiers, le long des cours d’eau, sur les côtes, sur les points de vue. Les sommets sont sans doute les rares endroits où on ne  trouve pas de bancs. Mais on y trouve des cairns et de bons rochers pour s’asseoir.

Les bancs écossais sont en bois ou bien  en pierre. Ils sont flambants neufs , patinés par quelques années d’usure et d’intempéries et  ou même parfois très anciens (vous pouvez en voir un de 120 ans sur les photos ci dessous). Ils sont inoccupés ou parfois insuffisants pour le groupe de passage. Ils affichent souvent le nom de leur donateur ou de la personne à qui ils sont dédicacés, qui peut être un poète, un duc ou un défunt local inconnu pour le commun des marcheurs. Ils sont parfois découverts dans des endroits insolites, où les passages humains semblent rares ou devenus rares. A se demander même quelquefois comment il est arrivé là.

Les bancs écossais sont une invitation à faire ici une pause, à admirer le paysage, à écouter les oiseaux, à surprendre un écureuil, à laisser ses idées vagabonder avec  le cours de l’eau ou le mouvement des nuages, à cultiver ses rêves, à profiter des lieux et de l’instant tout simplement. Les bancs d’Ecosse nous parlent aussi de ceux qui se sont assis là avant nous (parfois très longtemps avant nous), de ce qu’ils ont pu penser et ressentir à ce même endroit, du paysage qu’ils ont admiré et qui depuis, a peut être bien changé.

Les bancs écossais sont aussi une proposition de convivialité. Asseyez vous, partagez le moment présent avec votre compagnon de randonnée ou avec le parfait inconnu assis là avant vous. Rien ne sera plus facile que d’engager la conversation, même si vous pensiez au départ que votre niveau d’anglais ne vous le permettrait pas. La nature alentour sera un excellent sujet d’entrée en matière, la suite de la conversation s’enchaînera d’elle-même. Les bancs d’Ecosse sont donc aussi un excellent moyen de pratiquer l’anglais et de faire des rencontres formidables!

ECHOS D’ÉCOSSE : L’OUEST DES HIGHLANDS

ECHOS D’ÉCOSSE n°6 : L’OUEST DES HIGHLANDS

Encore de l’eau, penserez vous peut être, encore des lochs et encore la mer. Encore des reliefs surplombant les étendues d’eau et les tourbières ! Et pourtant les paysages sont toujours différents. A chaque détour c’est un nouveau décor , une nouvelle combinaison de  montagnes rondes, de pics pointus, de petits lacs, de  grandes eaux étendues d’eau mi douce-mi salée ( Souvent, l’esprit s’égarant en cheminant près des rives on  ne sait plus si on longe une baie de la mer  ou un des innombrables immenses lochs), de petites îles au milieu des lacs, de tourbières, de landes qui se perdent à l’infini, avec en toile de fond de nouvelles chaines de montagnes, de ciels différents et de lumières changeantes,  de nouveaux moutons (Combien de races et combien de ces petites bêtes laineuses dénombre t-on en Ecosse? La question incontournable sera traitée dans un futur article). Grès rouge, gneiss gris blanc (à classer dans les roches les plus vieilles de notre  planète), roches argileuses,  dépôts couleur de tourbe procurent de la variété dans les formes des montagnes, sans compter l’empreinte flagrante des différents âges glaciaires. Plus vous parcourez l’Ecosse, plus il vous semble que vous n’en avez encore rien vu. L’Ouest des Highlands est un programme à lui tout seul. Un programme de toute beauté.

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Dans toute cette diversité géologique et cette variété de paysages, j’imagine déjà qu’il me faudra choisir entre tous ces massifs pour vous proposer le nec plus ultra. Et ce choix ne sera facile. Ou peut être faudra t-il revenir plusieurs fois, en optant pour un ou deux secteurs à chaque séjour. L’Ouest des Highlands reste certainement une  priorité, un secteur   » à ne pas manquer » comme pourrait le dire une plaquette touristique. L’aspect sauvage est ici indéniable. Vous verrez…

ECHOS D’ÉCOSSE : LE CERF D’ÉCOSSE

ECHOS D’ÉCOSSE n°5 : LE CERF D’ÉCOSSE

Le bon moment est venu de vous parler du cerf d’Ecosse. En effet, non seulement il continue à se montrer dans les landes des Highlands mais actuellement, il se fait particulièrement entendre. C’est pour lui la pleine saison des accouplements, et donc du fameux brâme que l’on entend d’autant mieux que l’animal,  absorbé dans sa tâche et soudain moins craintif, ne détale plus à la vue du premier randonneur. Mon chien n’en avait d’ailleurs peut être jamais vu de si près. Le brâme vous disais-je donc, se décline en différentes versions selon qu’il s’agisse de manifester sa présence, d’intimider son adversaire, de signifier son amour pour une biche, de rappeler éperdument cette même biche partie en courant ou  de clamer son triomphe à la fin d’un combat entre mâles. Difficile ici cependant de vous reproduire les sons correspondants à ces différents états d’âme. On pourrait rapprocher  d’un meuglement, puis de la mise en marche d’une tronçonneuse, du rire ironique d’un ogre caché juste là derrière dans les fougères, parfois même du grognement d’un ours mécontent d’être dérangé. Le promeneur pyrénéen identifierait toutefois sans problèmes le langage du cerf d’Ecosse car ces Echos d’Ecosse pourrait aussi être ceux des cerfs Pyrénées. A première ouïe, on ne note aucune différence de sonorités. Le cerf d’Ecosse n’aurait-il pas pris l’ accent écossais avec son fameux roulis?

En revanche, le cerf d’Ecosse, cervus elaphus scoticus de son petit nom scientifique, a des caractères physiques un peu différents du cerf du continent rencontré dans les Pyrénées (cervus elaphus elaphus) dont il est une « sous espèce ». Serait-ce une adaptation à un terrain plutôt difficile en terme de climat, de nourriture plutôt pauvre sur les terrains acide des Highlands? Les zones dépourvues de forêts dont lesquelles il évolue le prive d’abris et d’une certaine variété de nourriture, même si à l’origine le cerf ne serait pas une espèce forestière mais plutôt de zones ouvertes. On note en ce début d’automne un pelage déjà bien fourni comme une préparation à affronter l’hiver qui s’annonce, saison où ils auront tendance à descendre vers le fond des vallées.

ECHOS D’ÉCOSSE : L’Île de SKYE

ECHOS D’ÉCOSSE n°4 : L’Île de SKYE

Pour les amateurs de beaux paysages et de randonnées, L’île de Skye est un incontournable passage. Elle offre de merveilleuses côtes très découpées prenant parfois soudain l’allure de remparts de basalte dressés fièrement sur la mer, des formations géologiques des plus excentriques, des panoramas sur le grand large ou sur d’autres îles voisines, des massifs effilés de toute beauté  logeant en leur creux des lochs. De l’eau donc , encore de l’eau et beaucoup  d’eau sans parler de l’humidité largement présente dans l’atmosphère. Imaginez donc les arcs en ciel quand le soleil fait son apparition dans ce majestueux décor. Une île qui vous rapproche du ciel donc, à croire que son nom vient de cette magie. Skye, comme un pont  entre un beau petit bout de planète et le sky.

Dommage que ma photo d’arc en ciel soit ratée. Il faudra y revenir pour en refaire une autre mais ce sera surtout un prétexte. Car Skye a encore pour moi  des beautés à dévoiler. Comme dans tout endroit touristique – car Skye l’est franchement devenu  une partie de l’année (un peu trop?)- , on se rue d’abord sur  les curiosités les plus connues. Alléché par le descriptif  présenté dans les dépliants ou sur internet, on se retrouve pourtant  parfois déçu, ce qui n’a pas été le cas dans ce nous avons vu à présent de Skye. Mais il y a de toute façon  aussi l’envers du décor, celui que l’on trouve en fouinant et que l’on a tendance à s’approprier comme si on était le premier à le découvrir.  Et l’Envers devient alors parfois bien plus beau que l’Endroit. Ce sont tous ces endroits qu’ils soient  à l’envers ou à l’endroit que je suis impatiente de vous faire découvrir…

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ECHOS D’ÉCOSSE : LE DISCOVERY.

ECHOS D’ÉCOSSE n°3 : LE DISCOVERY

Les écossais ne sont pas seulement des montagnards. Ce sont aussi des hommes et des femmes de la mer, des pêcheurs, des marins marchands, des éleveurs de saumons et des exploitants des ressources marines que sont le gaz, le pétrole et l’énergie marine.

Dundee, ville située  sur la rive nord de l’estuaire du fleuve Tay (côte Est),  fût le premier port baleinier du Royaume-Uni au milieu du XIXème  siècle. Son savoir faire en matière de construction de baleiniers s’imposa tant et si bien  que c’est ici que commença l’aventureuse fabuleuse du Discovery. Le Discovery est  un bateau à vapeur des plus célèbres, construit pour la première expédition en Antarctique en 1901.  Cette épopée à caractère scientifique, commandée par la Royal Navy et dirigée par le devenu héroïque Robert Falcon Scott, dura trois ans, un peu plus que ce qui était prévu à cause de la paralysie du bateau dans les glaces du pôle sud pendant quelques mois.

En ce tout  début de XXème siècle, cette expédition est une aventure folle, un voyage vers un monde encore complètement méconnu. L’affrontement  de vagues pouvant atteindre 12 mètres de haut et de températures pouvant atteindre -70 d° suppose une coque de bateau particulièrement épaisse, un équipement vestimentaire des plus adaptés et beaucoup d’autres aspects matériels méticuleusement préparés. Les stocks de nourriture et de charbon sont impressionnants (500 kg de fromage par exemple).

A Dundee, où le Discovery est à présent revenu depuis une vingtaine d’année pour  vivre une belle retraite bien méritée, un musée nous fait revivre cette fabuleuse expédition scientifique. Et il permet en fin de  circuit,une visite intéressante et émouvante de ce magnifique voilier.

Depuis, l’Ecosse, nous voici donc embarqués vers un continent éloigné de 15 000 kms, de quoi rêver, de quoi prendre ses distances… et du recul lorsque l’on trouve la matinée un peu fraîche en ce début d’automne écossais ou que le vent souffle un peu fort sur les crêtes des Munros.