Lièvre variable

ECHOS D’ÉCOSSE N° 19 : LE LIEVRE VARIABLE

Peut être, êtes vous restés sur votre faim ces derniers temps, les Randocarline News se sont faites attendre. Mais rassurez vous,  c’est pour une bonne cause, celle de la recherche aboutie du lièvre variable. Vous savez,  ce lièvre un peu plus rond et  aux oreilles un peu  plus courtes que le lièvre-bien-de-chez-nous, celui  qui devient blanc en hiver? Le lièvre variable est emblématique des contrées du Nord, bien qu’il se rencontre aussi dans les Alpes (où il accuse une forte régression de ses effectifs depuis les années 50) et qu’il ait eu une tentative d’introduction de cette espèce dans les Pyrénées, mais infructueuse. Il est  un beau programme de rando en montagne à lui tout seul.

Voici donc un animal parfaitement adapté au milieu montagnard hivernal et ses caractéristiques ne sont pas sans  rappeler celles du  lagopède et particulièrement,  celles du lagopède alpin. Son corps plus ramassé que le lièvre de Monsieur La Fontaine (celui qui perd la course contre la tortue est supposé être le lièvre d’Europe) lui évite de trop importantes pertes calorifiques ; Ses pieds particulièrement longs et larges nous ont certainement inspirés dans la pratique des raquettes à neige. Et puis, si l’on excepte l’extrémité  de ses oreilles et le  pourtour de ses yeux noirs, on peut penser qu’il est à  l’origine de l’expression « blanc comme neige ». Ceci  ne signifie pas seulement innocence mais aussi camouflage et  économie d’énergie, le blanc limitant le rayonnement de chaleur de l’animal.

Malgré son nom latin (Lepus timidus), notre animal n’est pas si très timoré. Mes deux premières rencontres avec le lièvre variable ont eu lieu à proximité de stations de ski de piste, autrement dit dans des lieux non sauvages. Pas si surprenant  quand on comprend que la proximité des pistes peu fréquentée par l’aigle royal est en somme une protection contre ce prédateur.  Ceci dit, les plus importantes populations de ce lièvre blanc se  trouvent dans des massifs éloignés de toute massive  présence humaine. Forte de quelques renseignements pris au préalable, me voici partie sur les traces du lièvre variable vers un munro de la région de Glen Lednock,  appareil photo en poche. Je vous parle d’un appareil de photo prévu pour immortaliser des souvenirs de vacances ou de randonnée  et non  d’un appareil pro prévu pour la photo animalière. Il fallait donc avoir la chance de le voir d’assez près. Serait -ce la bonne orientation du (très fort) vent,  le caractère peu apeuré de cet animal grâce à  la saison des amours – ou « bouquetage »-  commencée  (ou les deux?) qui m’a permis hier de l’approcher au delà de mes espérances et d’en faire une photo acceptable? Disons même mieux : De les approcher puisque , me voici soudain devant deux  beaux lièvres bien blancs, plus affairés à se tourner autour et à se nourrir de temps en temps  que de guetter l’éventuel danger.

Une belle et blanche rencontre donc, qu’il  était bien temps de faire car dans dans quelques semaines, la fonte  de la neige se traduira pour le lièvre variable en une mue de printemps avec une robe de transition bigarrée. Une fois devenu gris, il semble qu’on puisse plus le confondre avec le lapin de garenne qu’avec le beau lièvre  d’Europe.

Quand on sait qu’en bas des crêtes, une herbe bien verte qui sent l’approche du printemps et un parfait abri du vent ravirait la plupart des herbivores, on se dit  que le lièvre variable est une bien curieuse bête des froides contrées.

Forêt calédonienne

ECHOS D’ÉCOSSE N° 18 : FORET CALEDONIENNE

Petite précision de préambule, vous êtes toujours en Europe . Mon intention pour le moment n’est pas de vous parler de la nouvelle forêt calédonienne ou disons plutôt la forêt  de la Nouvelle Calédonie. Non vous n’êtes pas au beau milieu du Pacifique Sud, mais toujours bien  entre le Mer du Nord et l’Océan Atlantique au pays des phoques, des munros, des rennes , de la tourbe, du whisky et de tout ce que vous avez appris dans ces dernières chroniques sur la belle Ecosse. Nous laisserons donc de côté les denses  forêts humides du 21ième parallèle Sud pour revenir vers le 60ième parallèle Nord, ce qui est d’ailleurs bien rafraîchissant soudainement, n’est ce pas?

La forêt calédonienne est tout simplement la forêt primitive en Écosse, s’étirant du Nord au Sud des Highlands et tirant son nom de l’appellation romaine Caledonia Silva. Car effectivement, les romains sont remontés jusqu’ici mais l’esprit défensif des autochtones et la présence de cette forêt refuge finirent par décourager l’empereur  Hadrien. Pourtant, la moitié de la forêt d’origine avait déjà régréssé.  William Wallace, grand héros écossais,  au tout début du XIV iéme siècle , aurait réussi tout de même à s’y cacher pour  triompher  contre les anglais. Toujours est-il qu’ au XVIII iéme siècle, la forêt calédonienne est en grande partie disparue. Elle n’existe plus aujourd’hui que sous formes de  vestiges représentant 1% de sa surface d’origine. Composée essentiellement de bouleaux et de pins, on la trouve dans le massif des Cairngorms, et dans plusieurs secteurs de l’Ouest des Highlands.

C’est une belle forêt avec  un aspect surprenant pour tous ceux qui, sur le continent, sont familiers des pinèdes  :  Ce pin, appelé « Pin d’Ecosse »,  est enraciné dans un sol très humide. C’est pourtant bel et bien Pinus sylvestris, notre bien connu pin sylvestre, qui dans les Pyrénées affecte en revanche les terrains secs et ensoleillés. Un manifeste exemple d’adaptation, me direz vous. « On s’habitue à tout ».

La forte régression  de la forêt calédonienne (et de la faune forestière) s’explique en grande partie par le besoin de pâturages. Un fait qui nous rappelle bien l’histoire de la forêt pyrénéenne. La pratique de l’incendie des landes et des pinèdes par les éleveurs calédoniens  remonte à presque 4000 ans. A cela s’ajoute les feux réalisés au moyen âge par les vikings pour conquérir des territoires. Sur les cendres, le pin reprend mal et dans les zones sur-pâturées, la régénération ne peut pas se faire.  De nos jours, si l’élevage n’est plus une menace pour la forêt, le maintien de zones très ouvertes est encouragé par les propriétaires des grands domaines . La chasse au lagopède d’Ecosse et  au cerf  est une activité très pratiquée attirant une clientèle étrangère assez aisée. Les impressionnantes hardes de cerfs sont si nombreuses en Ecosse qu’on peut dire qu’il s’agit d’un nouveau type d’élevage.

 

Face au  manque de bois , des plantations  commencèrent au début du XX ième siècle. C’est ainsi que l’on peut voir des fréquemment des forêts taillées au carré, véritables champs d’épicéas, de douglas ou de mélèzes.

Robert Burns

ECHOS D’ÉCOSSE N° 17: ROBERT BURNS

C’est avec un peu de retard ( 8 jours exactement) que ce blog célèbre l’anniversaire de Robert Burns. Vous ne connaissez peut être pas Robert Burns? Alors, c’est sûr, vous n’êtes pas écossais! Car cette célébration est presque une fête nationale.

Mais qui est donc Robert Burns? Il est le poète écossais certainement le plus célèbre né il y 259 ans . Son  oeuvre très étoffée  passe du romantisme pur à l’humour, du poème au conte  en passant par la chanson. Issu d’un milieu très modeste, il revendiqua toute sa vie son désir d’égalité sociale.

Vous reconnaîtrez sans doute l’air de l’une de ces célèbres chansons, Auld Lang Syne :

Nous avons eu le privilège d’être invité à la célébration du Robert Burns’ birthday au sein d’un club de montagnards, et cette fois tout le monde était bien présent, même ceux qui ne marchent plus beaucoup en montagne. Toutes les étapes du protocole on été parfaitement  respectées,  adaptées bien sûr avec quelques fantaisies.

Une évocation de la grandeur du poète puis également des proches disparus ouvre la cérémonie.  Une  courte prière écrite par Robert Burns est récitée par les convives:  Certains ont de la viande mais ne peuvent pas manger – Certains voudraient manger mais ne le peuvent pas – Mais nous avons de la viande et nous pouvons manger – Loué soit le Seigneur ».

Une fois l’entrée servie, le plat principal est pompeusement introduit dans la salle à manger au son de la cornemuse. Vous l’avez peut être deviné, c’est le fameux haggis ou panse de brebis farcie. La bonne humeur monte. Norrie, un de nos gentils organisateurs de toujours ( piolet en main pour remplacer l’épée destinée à ouvrir la panse) récite:  « Avec ta bonne et belle bouille rebondie, de l’armée des puddings tu es le chef suprême ! Et tu prends dignement ton siège légitime, au-dessus des boyaux, des tripes, des andouilles, méritant bien un bénédicité, aussi long que mon bras ».  C’est le moment de trinquer. Les assiettes sont remplies, le haggis est accompagné de ses traditionnelles purées de navet orange et de pomme de terre,  les verres de whisky commencent leur farandole sans fin … . Il est d’ailleurs  recommandé de verser quelques gouttes de ce précieux breuvage sur le haggis. Tout au cours du repas et jusqu’à très loooongtemps après, les chants , les poèmes de Robert Burns (parfois très réadaptés) et les blagues des uns et des autres s’enchaînent. Guitare, mandoline et percussions nous emmènent dans une ambiance écossaise à 100%.

Soyez indulgents svp, je n’ai pas tout compris, surtout les poèmes ! Ma retransmission de l’événement comporte évidemment des manques. On ne décode pas l’Ecosse comme ça! Ce qui est sûr, c’est que la gaieté n’a pas manqué. Merci à vous , membres du 45° Moutaineering Club pour cette belle fête!

Randonnée côtière

ECHOS D’ÉCOSSE N° 16: RANDONNEE CÔTIÈRE

Restons sur le littoral, le même qu’évoqué dans l’article précédent, c’est à dire à l’Est de l’Ecosse, un peu plus au Nord cette fois, en remontant vers Aberdeen. Voici une randonnée côtière effectuée en plein hiver sous un soleil radieux, bien surprenant ce jour là . Car, en effet, le ciel du reste du pays était alors un peu morose avec une belle épaisseur de neige au sol dans les Highlands et les petits reliefs du centre. Il semble que ce contraste Est/Ouest soit assez courant en hiver pour s’inverser au printemps. Morale de l’histoire, surtout ne pas se tromper de côte, ou de saison.

Partant de Arbraoth, un petit port dont la renommée du poisson fumé (haddock, hareng) dépasse les frontières, cette randonnée côtière d’une dizaine de kilomètres, est absolument beautiful. A vrai dire, les 7 miles annoncés parurent  bien courts, c’est à se demander si la distance a réellement été bien calculée où si les paysages beaux et variés à admirer sans répit faussent la notion de distance. Un peu de saupoudrage de neige sur certains endroits de la plage, des falaises de grès rouges surmontés de pelouses encore vertes, des fleurs jaunes de genêts anticipant sur le printemps , le bleu du ciel et celui plus foncé de la mer d’huile : Toutes ces couleurs et le calme inhabituel de cette côte exceptionnellement non ventée nous ont fait le plus grand bien. Car oui, pas de vent, quelle  surprise excellente !

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Au retour, une flânerie dans le port d’Arbroath entre les bateaux de pêche et ceux de plaisance, entre les odeurs de poissons fumés  et celles nous  de la haute mer, a parfaitement ponctué cette belle journée.  Et puis un bon café (ce qui est rare) pris dans un bar convivial (ce qui n’est pas rare) pour couronner le tout. Qu’elle soit côtière ou montagnarde, la randonnée consiste bien en des plaisirs tout simples, ma foi!

LE PHOQUE GRIS (ECHOS D’ECOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE N° 16: LE PHOQUE GRIS

Quoi de plus insolite que  d’évoquer le phoque gris dans un blog censé vous parler de montagne ! Eh bien pas tout à fait quand on sait que la montagne d’Ecosse borde parfois le littoral , rappelez vous l’article sur l’Ouest des Highlands.

Ceci dit, les phoques tant attendus que je vous montre ici vivent sur la côte Est de l’Ecosse dans la région de Fife (mer du Nord) , zone plus vallonnée que montagneuse. « Tant attendus » car nous cherchions le phoque gris depuis des heures sur la côte rocheuse  mais  c’est curieusement en plein dans le petit

phoque grisport de pêche de Pittenweem que nous l’avons découvert. A vrai dire, ce n’est pas si curieux : Nous n’étions pas les seuls à attendre le retour des bateaux dans l’après midi et pour le phoque, voici aussi le moment idéal pour faire son marché de poisson. Il y aura bien quelques spécimens jetés par dessus bord. Pas forcément les plus beaux, les plus gros mais de quoi nourrir ces habitués opportunistes. On imagine que cet animal a bon appétit quand à l’occasion d’un de ses plongeons, on découvre la taille de l’animal. Rien à voir avec la petite bête que j’imaginais, je la voyais grosse comme une marmotte. Disons qu’en la matière, il faudrait plutôt  comparer le phoque gris  à l’Ours brun des Pyrénées ( et encore, ce n’est pas suffisant, à moins  que l’on parle du légendaire ours Dominique abattu en 1848) puisque la bête peut peser jusqu’à 350 kg pour un mâle et  200 kgs pour une femelle.

 

 

Tantôt il ne montre que sa tête de chien mouillé, tantôt il apparaît de tout son long près de la surface. Il  semble s’amuser à se cacher pour ressortir en plein milieu des canards  (notamment des eiders) et des goélands, comme par surprise. En tout cas, nos trois phoques gris  assuraient avant hier une véritable animation dans le port de Pittenweem. Ils n’avaient cependant que les 5 spectateurs que nous étions, chien compris, d’ailleurs très  intrigué par cette créature encore jamais vue.

Les bretons et les normands souriront peut être de notre fascination de montagnards puisque le phoque gris est maintenant observable sur leurs côtes Atlantique. Les  plus grandes colonies européennes  sont  situées en Grande Bretagne et les côtes écossaises semblent les plus propices à leur observation.

LE LAGOPEDE (ECHOS D’ECOSSE )


ECHOS D’ECOSSE n°15 : LE LAGOPEDE D’ECOSSE

Depuis un bon moment déjà,  je compte vous parler du lagopède, assez souvent rencontré au cours de balades en montagne. J’aurai bien voulu pour cela vous en faire moi même une belle image, chose que je n’ai cependant pas encore réussie…

Je passerai rapidement sur le lagopède alpin (lagopus muta) que vous connaissez déjà dans les Pyrénées, tout au moins de nom. Vous n’avez peut être pas encore eu la chance de rencontrer ce bel oiseau, aux robes variables selon les saisons, qui affectionne les endroits les plus froids de nos montagnes (tous les goûts sont dans la nature!). En été, il fréquente les crêtes ventées, lui rappelant le milieu glaciaire auquel il est originellement adapté. Il n’est d’ailleurs pas très  farouche et le photographier n’est pas si difficile. Je ne vous parle pas de faire une bellelagopède photo, mais vous pourrez tout de même le distinguer ici, malgré son costume presque hivernal (il va encore blanchir) de camouflage dans le massif des Cairngorms (Rappelez vous, celui où il fait bien  froid).

Tout ça pour vous amener vers le lagopède d’Ecosse (lagopus scotica),- appelé communément « red grouse » dans son pays – qui, pas tout à fait comme son nom l’indique, est endémique de l’ensemble des îles britanniques. Il fût longtemps considéré comme une sous-espèce du lagopède des saules. Serait à force de lutte syndicale acharnée durant des années pour sa reconnaissance qu’il a aujourd’hui le statut d’espèce à part entière? Non, mais plutôt par le fait que le lagopède d’Ecosse garde un  plumage brun-rougeâtre tout au long de l’année,contrairement aux autres lagopèdes blanchissant en hiver. Seules ses pattes et ses doigts deviendront blanchâtres à la période la plus froide, se couvrant de nouvelles plumes. Même ses narines seront aussi dotées d’une protection supplémentaire. « Froid? moi? Jamais! » , le slogan publicitaire de célébres sous-vêtements thermolactyl, résume bien les adaptations de notre oiseau aux conditions glaciales. L’important pour lui, ce sont les landes à bruyère ( plus exactement à callune)  qui lui fournissent  un habitat, des sites de nidification et son alimentation. Dans la bruyère, tout se récupère, et tout est bon,  surtout en hiver: les parties ligneuses,  les pousses, les graines. Il s’avère que la callune a une haute valeur nutritionnelle.

Et pourquoi n’ai je pas pu  photographier correctement le lagopède d’Ecosse ?Tout simplement parce qu’il est à chaque fois très surprenant. Caché dans la bruyère, il surgit  parfois de façon impromptue à quelques pas  de vous depuis le sol, dans un caquètement d’affolement très sonore et peu harmonieux. Vous n’avez pas eu le  temps de réagir qu’il s’est déjà reposé quelques dizaines de mètres plus loin, blotti à nouveau dans la végétation. Laissons donc faire les spécialistes :  merci à J. Anderson pour les photos ci dessous.

 

BONNE ANNEE

La perspective d’une  nouvelle année est souvent celle de nouveaux projets. Je vous souhaite une très bonne année, rayonnante, haute en couleurs, avec la réussite de vos projets 2018.

NOEL ET SOLEIL (ECHOS D’ECOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°13 : NOEL ET SOLEIL

Je vous envoie cette clarté captée dans une forêt d’Ecosse pour vous souhaiter un JOYEUX NOEL et éclairer un peu plus vos jours de fête en cette fin d’année. Au Royaume Uni, Noël  semble encore plus attendu qu’en France, les réjouissances sont d’ailleurs en préparation depuis deux mois. Elles se prolongeront même jusqu’au 26 décembre, jour du « boxing day » pouvant être tout aussi bien un « walking day ». C’est d’ailleurs ce que feront bon nombre d’écossais si le soleil  annoncé est bien là : Randonner en montagne pour partager de bons moments et tenter d’alléger quelques éventuelles lourdeurs sur l’estomac accumulées la veille. Au delà des belles journées ensoleillées espérées en ces temps de Noël, la relation entre NOEL ET SOLEIL est intéressante à approfondir…

NOEL ET SOLEIL

NOEL ET DÉBUT DE RETOUR DU SOLEIL

Dans les Pyrénées comme en Ecosse les jours ont cessé de raccourcir le 21 décembre. Le solstice d’hiver, est passé : Youpi car les durées de jour en ce moment sont particulièrement courtes en Ecosse. Et pourtant, si le 21 décembre est le jour le plus court de l’année, le soleil se couche de plus en plus tard depuis le 13 décembre déjà. Mais le soleil a continué à se lever encore plus tard et fera même sa plus grasse matinée de l’année  le premier janvier 2018 (8h43!). Il est évident qu’il ne sera pas le seul dans ce cas là. A Edimbourg la durée du jour a été de 6h 57min 51s le 21 décembre. Ce n’est pas beaucoup, n’est ce pas? Ce n’est qu’à partir du 3 janvier que le Soleil commencera à se lever plus tôt et qu’il se couchera plus tard. Toujours à Edimbourg, la durée du jour sera de 17h 36min 51s le 21 juin. C’est presque trop, non ?

Noël, en pleine  période actuelle de  retour de la clarté, célèbre cette renaissance. Ce fût  avant le christianisation  la grande fête du soleil invaincu (Sol Invictus) sous le règne de l’empereur romain Aurélien. C’est aussi le  jour de naissance de la divinité solaire Mithra.

Nous voici donc maintenant beaucoup plus éclairés sur l’esprit lumineux de Noël.

 

 

EFFETS DE GEL (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°12 : EFFETS DE GEL

Les alternances de température se traduisent en hiver par des effets de gel très divers ici en Ecosse. Les chutes de neige ont été pour l’instant suivies par de belles périodes de froid sec, laissant la neige poudreuse à souhait, merveilleusement légère pour quelques jours. Pourtant, en moyenne montagne, le grand  froid ne semble pas encore  durer très longtemps à cette période de l’année. La neige s’humidifie alors, parfois même se gorge de pluie. Il s’ensuit  la formation de glace sur des surfaces très étendues, entretenue par le vent froid et permanent dans de nombreux endroits. C’est le cas des crêtes ou des pentes exposées au vent devenues alors aussi lisse que la  la vitre. Crampons et piolets deviennent souvent indispensables même pour une petite randonnée.

Les effets de gel sont spectaculaires sur les cascades, les lacs et les rivières. En peu de temps, les eaux se sont figées. La nature, dans sa fascinante créativité, nous offre une grande gamme d’oeuvres d’art qui va de la simplicité à l’excentricité. L’eau, dans ses différentes parures de gel, semble tantôt imiter le minéral (comme ces petits pompons d’aragonite présentés dans le diaporama suivant), tantôt le végétal. Parfois même, elle semble avoir dessiné des formes animales , des dents de requins par exemple. Elle laissent de toute façon cours à votre imagination que celle-ci soit plutôt orientée vers la Effets de gel sur la Loch Nessgéométrie, les petits lutins ou les légendes de créatures gigantesques momentanément endormis au fond des lochs. Evidemment, à ces mots, vous avez aussitôt pensé au monstre du  Loch Ness… Mais laissons le dormir à présent, nous partirons sur ces traces au printemps prochain quand il sera libéré du piège de la glace. 

En attendant, les cascades de glace représentent un terrain de jeu fantastique  pour les grimpeurs. L’Ecosse jouit d’une réputation internationale dans ce domaine. A Kinlocheven, petit village au coeur des Highlands, un centre d’entrainement, de formation et de compétitions accueille des maestros de la glace venus de partout.

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LA TOURBE (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°11 : LA TOURBE

Il semblerait que bon nombre d’entre vous parcourent ces « échos d’Ecosse » en attendant patiemment qu’on leur parle enfin de vraies choses, de ce qui à leur yeux (ou leur palais) sont l’essence même de l’Ecosse. Oui, par exemple,  de ce produit si bien connu qui a la couleur de la tourbe écossaise, qui en a légèrement  l’odeur, qui parfois même coule à flots. Mais non, il ne s’agit pas de la pluie quoique…..ce n’est pas ce que dit la photo ci dessous.

La pluie d’aujourd’hui est le Whisky de demain

Eh bien, encore raté pour aujourd’hui, je ne vous parlerai pas du whisky! Primo, car je n’en suis pas encore une connaisseuse, je n’ai pour l’instant qu’assisté à un grand moment de dégustation en refuge sans vraiment y participer (si, si) . Secundo, parce que comme pour toute chose, il faut bien partir du début.

Au commencement, Dieu créa l’Ecosse (et cela dût mettre beaucoup de temps !!!) . Il y ajouta un bon zeste de climat humide, de ces climats où les apports d’eau (pluie, neige, brouillard, ruissellement, nappe…) sont  égaux ou supérieurs aux pertes (évaporation, écoulements…) et où les températures ne sont pas franchement élevées. Une roche peu  poreuse, voire même imperméable et acide de préférence (granit, micas, quartz), des zones peu pentues, plates ou même mieux en creux, représentent les autres ingrédients nécessaires à la formation de ce sol si étrange qu’est la  tourbe. A ce point , nous sommes encore bien loin du whisky. Patience! Car la turbigenèse , (entendez par là la formation de la tourbe et non la dernière invention de Moulinex pour gagnez du temps, le temps  que vous auriez  perdu en lisant les chroniques de Randocarline), la  turbigenèse, disais-je, est un  processus qui peut durer des milliers d’années. C’est l’accumulation progressive de matière organique non décomposée (essentiellement végétale) et son tassement qui contribuent au fil du temps à former la tourbe. Il y a là des joncs, des carex, des mousses et notamment des sphaignes.

Sphaignes

Ces dernières sont particulièrement importantes car, produisant de l’acide organique, elles  entretiennent   et même renforcent l’acidité du sol. Ajoutons les linaigrettes que vous connaissez sûrement, la bruyère et même parfois des plantes reliques de la période glaciaire (certains saules nains) qui trouvent  ici leur dernier refuge. Grâce à ce milieu constamment gorgé d’eau,  donc très pauvre en oxygène,  la matière organique se conserve.

Dans ce sol très spongieux qui ne sèche jamais , le randonneur est peu à l’aise. C’est tant mieux, car son passage sur ce substrat fragile ne peut être que ravageur . Mais l’homme sait toutefois en faire usage. La tourbe, une fois séchée et découpée en briques, est un combustible excessivement riche en carbone, encore exploité dans certaines régions d’Ecosse, comme l’île de Skye ou la côte NW. Son exploitation est soumise à autorisation, et sa consommation à de bons estomacs

Consommation déconseillée

Et la whisky dans tout ça? La whiskygenèse est un processus lui aussi très lent  dont vous ne venez de lire qu’une avant-phase et qui sera l’objet d’un futur article ou d’une future visite avant après-rando,, pour  le petit groupe que j’attends en mai. Un détour par une distillerie, ça vous dit?