Murs d’Ecosse

ECHOS D’ÉCOSSE N° 24 : MURS D’ECOSSE

Si je vous dis murs d’Ecosse, à quoi pensez vous? A rien, me direz vous peut être comme ça d’un premier jet. Mais si je vous dis Hadrien, vous penserez peut être alors  à « Mur d’Hadrien »,  gigantesque édification romaine qui correspond à peu près à l’actuelle frontière anglo-écossaise. Il y a aussi  le mur d’Antonin , moins connu , réalisation du fils d’Hadrien marquant l’avancée maximum des romains en Ecosse (an 142), au niveau du fleuve Forth (Edimbourg). La Grande Histoire des romains fut donc plutôt brève et mineure sur le sol écossais , certainement en raison  d’un terrain naturel  plutôt difficile à conquérir quand il s’agit de franchir des tourbières, des lochs ou des reliefs plein de surprises.

Mais les murs d’Ecosse, ce sont aussi (et peut être avant tout) ceux  de la Petite Histoire, ceux que l’on rencontre partout. Des générations de pasteurs ont bâti  ces lignes infinies dans tout le territoire;  Combien de jours a t-il fallu à ces hommes  pour venir à bout de leurs ouvrages?

Savaient-ils qu’ils étaient des artistes alternant savamment les différents gabarits de pierre,  jouant constamment avec les lois de l’équilibre et soulignant la morphologie de leurs montagnes, ainsi parfaitement mises en valeur? Les murs parcourent  les pentes de bas en haut et de long en large;  Leurs fins qu’on ne peut voir renforcent la vastitude des reliefs. Le contraste de leurs tracés rectilignes avec les courbes des collines donne une dimension esthétique indéniable et,  dans les montagnes sauvages où pas un chemin ne se présente, ces lignes de pierre deviennent une invitation, un fil d’Ariane. Sur la photo ci-dessous, la muraille de chine en miniature que vous pouvez observer souligne une belle partie de notre itinéraire de randonnée jusqu’au sommet de  Beinn A’ Chuallaich vendredi dernier.

Murs d'Ecosse

Parfois rattrapés par la forêt, ils se verdissent petit à petit de mousse , ils  seront  un jour absorbés par la végétation tombant alors dans l’oubli. Dans cet oubli, il y a aussi les hommes qui les ont construit après avoir transporté les pierres, les ont  entretenu tout au long de leur vie sans se soucier du temps à mettre pour cela. Il y a aussi les hommes qui les ont utilisé pour contenir leur bétail, il y a donc un long épisode du passé. Aujourd’hui, même si une majorité de ces murs d’Ecosse sont encore en bon état, on voit aussi de nombreuses clôtures de grillages doublant ou remplaçant les vieux murs effondrés dont la réparation demanderait bien trop de temps.

Balbuzard

ECHOS D’ÉCOSSE N° 23 : BALBUZARD

Le Balbuzard est de retour ! Ce fabuleux rapace est plutôt rare (devenu rare) en France, puisqu’il se limite à la Corse, le Loir-et- Cher et le Loiret pour y installer de rares sites de nidification. Les Pyrénées Atlantiques hébergent  cependant quelques individus en hivernage. En Ecosse, le balbuzard est roi! C’est un oiseau pêcheur, il va donc de soi que l’omniprésence de l’eau en Ecosse (Lochs, rivières et bords de mer) font de cette région pour lui un véritable paradis. A lui, truites et saumons! On compte en Ecosse un minimum de 150 couples nicheurs, dont la plus grande partie dans les Highlands, sachant que la recolonisation naturelle de ce rapace a débuté en 1954.

Donc, disions nous, le Balbuzzard pêcheur (Pandion haliaetus en latin ou « Osprey » de son appellation britannique) est de retour en Ecosse. Centrons notre observation sur le lac de Owes, en plein centre du pays (Dunkeld). La femelle, ayant migré  début août en Gambie est rentrée au nid le 19 mars, tandis que le mâle ayant quitté ce même nid fin août une fois sa progéniture devenue autonome, est rentré au bercail quinze jours après Madame. Lors de leur retraite africaine, nos deux voyageurs interrompent leur vie commune mais le baguage des deux individus a permis de constater qu’ils restent cependant de proches voisins, séparés seulement de 5 km environ. Un des grands avantages de leur nidification écossaise, hormis la fourniture en poissons, est la longueur des jours à partir du printemps. Car  jour prolongé rime avec pêche sans arrêt. Et l’appétit des  petits balbuzards n’ira qu’en grandissant au cours de l’été.Balbuzard

Grâce à une webcam  orientée sur le nid, nous pouvons actuellement observer en direct le quotidien de ce couple de balbuzard. Magnifique! Les aller-venues de l’un et de l’autre, leur parade et leur accouplement, les bavardages, les dernières finitions douillettes du nid et  les grands moments de pêche font partie du spectacle actuel. Bientôt, une fois les œufs pondus, les journées s’organiseront différemment. La femelle, non relayée par le mal, couvera ses œufs pendant une dizaine de jours. Pour l’instant, elle profite encore de sa liberté pendant quelques jours et le nid est parfois déserté un bon moment.

PRINTEMPS

ECHOS D’ÉCOSSE N° 22 : PRINTEMPS

Bienvenue le printemps ! Il est arrivé en Ecosse, mais plutôt timidement il est vrai. Pour le célébrer, ce si cher printemps, une petite grimpette au sommet de Ben Venue (massif des Trossachs, centre ouest de l’Ecosse) s’imposait. Et ce fût réussi : Une vraie journée de Ben-Venue-Le-Printemps en ce 20 mars dernier (voir sur la photo ci-dessous mon petit coucou ébloui par le soleil!), un sommet qui porte bien son nom . Du vrai soleil qui chauffe, pas un soupçon de vent, adieu enfin  gants, bonnet et coupe-vent, quel bonheur ! On se serait cru dans les Pyrénées!

Au cours des jours suivants, l’hiver n’a cependant pas cessé de se rappeler à nous par de régulières petites chutes de neige. On se croirait  dans les Pyrénées ! Les plus hauts sommets sont actuellement encore largement enneigés, et le fond des « glens » (ou vallées, vous l’avez certainement compris) tarde à reverdir. Les bourgeons des arbres sont encore bien serrés. Tant pis, on attendra encore un peu… Mais tout sera au point pour vous, futurs randonneurs de mai que j’attends avec impatience. La végétation aura repris toute sa vigueur tandis que alors que youpi, les « midges », petits insectes extrêmement désagréables, n’auront pas encore fait leur apparition.

En attendant, les gelées blanches de certains matins donnent encore  une ambiance tonifiante aux départs des randonnées. Elles laissent place rapidement  à la  douceur de plus en plus souvent, c’est appréciable. La durée des jours s’est considérablement rallongée, plus que dans les Pyrénées. Vive le printemps!

 

Château d’Ecosse

ECHOS D’ÉCOSSE N° 21 : CHÂTEAU D’ÉCOSSE

Restons fidèles à ce que l’Ecosse nous renvoie comme clichés , à nous  les Français . Après le Loch Ness, acheminons nous donc vers un château. Un vrai château d’Ecosse, en ruines et probablement  visité par les fantômes, le soir,  quand tous les curieux de passage s’en sont allés. En plus d’être magnifique,  le château de Dunottar  s’avère en cela  très emblématique.

Notre château d’Ecosse, choisi ici donc parmi tant d’autres déjà visités ou simplement contemplés de l’extérieur , trône sur un  éperon  rocheux à quelques kilomètres de Stonehaven.  De ce  charmant petit port situé au sud d’Aberdeen,  une fantastique Château d'Ecossebalade vous permet d’atteindre petit à petit le château de Dunottar par un joli sentier côtier actuellement en pleine effervescence de jonquilles et de genêts en fleurs. Découvrant deux criques protégées par des falaises, 
surplombant le petit port et la 
bourgade de Stonehaven, Château d'Ecosseaccompagnés par le rugissement des vagues et  le vol des nombreux oiseaux, nous approchons le site. Ce n’est plus le simple château d’ Ecosse de notre imagination, c’est une véritable forteresse qui s’impose à nous.La hauteur bâtiments relayant des à-pics sur lesquels ils sont construits nous donne la mesure de l’aspect imprenable de cette place forte.Il faut dire que la position stratégique de l’endroit est connue depuis la nuit des temps. Si les ruines que l’on découvre sont médiévales,  on apprend que celles ci sont bâties sur des vestiges du premier siècle . Une tribu calédonienne (la calédonie étant le nom ancien de l’Ecosse) y aurait posé les premières pierres. Et puis bien plus tard, comme dans tout château d’Ecosse ou d’ailleurs, quelques célèbres batailles ont marqué l’histoire de la forteresse. Ainsi, par exemple, William Wallace que  nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer, y remporta une victoire contre les anglais à la fin du XIIIe siècle. Le site fût aussi celui d’une sombre prison religieuse, mais aussi celui de  brillants décors de cinémas. Tant de monde depuis tant de temps ! Il ne serait donc  pas étonnant que de nombreux fantômes de toutes les époques se croisent dans ce château d’Ecosse….

Loch Ness

ECHOS D’ÉCOSSE N° 20 : LOCH NESS

Loch Ness rime avec Ecosse (enfin presque), évidemment ! De nombreux touristes en Ecosse n’ayant même qu’une seule semaine de vacances en Ecosse accourent vers le Loch Ness (« accourent » car le marathon des « choses à voir » est en cours) et ce n’est certainement pas pour se baigner (gla-gla). Ceci dit, pas d’inquiétude au niveau de la foule car il s’agit  du plus grand lac d’Ecosse dont la  longueur excède  35 km, permettant aux simples curieux ou aux passionnés-venus-exprès-pour-« ça » de se  répartir aisément sur les rives du Loch. Vous l’avez compris, « ça », c’est toute l’histoire qui flotte autour de ( ou plutôt dans) ce gigantesque lac.

C’est vrai, en longeant le Loch Ness, c’est plus fort que vous :  Vous ne pouvez pas vous empêcher de scruter la surface de ses eaux, au cas où surgirait le fameux animal nommé monstre ou , pour les intimes Loch Ness « Nessie ». Car si c’était vrai? Si cette légende qui a, parait-il, commencé au VI ème siècle n’en était pas une? Si une ou plusieurs créatures aquatiques  aux aspects préhistoriques fréquentaient vraiment les eaux  du lac qui atteint jusqu’à 272 mètres de profondeur? Les témoignages sont nombreux et  les dernières observations répétées  dateraient de 2016. En tout cas, le doute est suffisamment présent pour que des scientifiques se soient penchés sur la question. Rien de probant pour l’instant semble t-il…  Car si la preuve de l’existence de cette créature avait été faite, cela se saurait, non? Et le périmètre du loch Ness ne serait cette fois plus assez grand pour contenir les flots de touristes, même les jours de vent glacial comme celui que vous pouvez imaginer sur la photo ci dessus.

En attendant les vraies preuves, voici ci dessous en exclusivité ma contribution sous forme de faux témoignage. Cette photo (non truquée)  fera écho à la célèbre photo-montage  de 1934 représentant le monstre du Loch Ness. Le voici donc se libérant bravement de l’emprise de la glace un jour de tempête.

Au milieu de nulle part

ECHOS D’ÉCOSSE N° 19 : AU MILIEU DE NULLE PART

Le monde est grand certes ! Mais l’Ecosse en elle même est déjà très grande, bien plus que une simple carte géographique peut nous le faire penser. Si grande et si riche en « nulle part » qu’on ne sait plus où donner de la tête quand on décide de s’y rendre. Partir au milieu de nulle part devient un parfait objectif de randonnée. Et là, vous pouvez le croire,  il y a le choix, encore plus que s’il s’agissait de vous décider pour  un  tartan écossais au moment de revêtir le kilt  ou encore pour un whisky dans un pub après la randonnée, même si ce pub est lui même situé au milieu de nulle part (Tous ces whiskys!).

Cette sensation de partir au milieu de nulle part a été renforcée cette semaine par le froid mordant qui régnait sur les montagnes écossaises, et particulièrement sur les crêtes battues par le vent sans relâche. C’est ainsi qu’il y a quelques jours, un petit train à deux wagons de la Scotrail nous dépose à Corrour en plein centre  d’une petite Sibérie. Le prochain train de retour est dans 6h30, nous avons donc un peu de temps pour nous perdre.  Et nous ne le regretterons pas car nous avons découvert un beau « milieu de nulle part », nos rencontres avec les êtres vivants  se résumant à celles d’un lièvre variable, de deux lagopèdes d’Ecosse et d’une harde de biche et cerfs sika.

Deux jours plus tard, optons pour un autre milieu de nulle part  sur la côte ouest des Highlands entre mer, lochs et montagne : Le massif gréseux de Torridon avec ses grands airs de Canada. Magnifique! Non?

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Pas d’inquiétude, je ne compte pas vous déballer ici plus d’images de panoramas s’étendant à perte de vue. Car ce serait sans fin.  Derrière un paysage, s’en cache toujours un autre, parfois encore plus beau.  La succession de lacs aux dimensions démesurées, de tourbières interminables, la configuration des longues vallées souvent très ouvertes (à l’antipode de certains vallées pyrénéennes très encaissées) et la très faible densité humaine des Highlands, font du Nord et du Nord Ouest de l’Ecosse un véritable no-man’s land. « No-man’s land « , enfin, il y avait nous tout de même!

Lièvre variable

ECHOS D’ÉCOSSE N° 19 : LE LIEVRE VARIABLE

Peut être, êtes vous restés sur votre faim ces derniers temps, les Randocarline News se sont faites attendre. Mais rassurez vous,  c’est pour une bonne cause, celle de la recherche aboutie du lièvre variable. Vous savez,  ce lièvre un peu plus rond et  aux oreilles un peu  plus courtes que le lièvre-bien-de-chez-nous, celui  qui devient blanc en hiver? Le lièvre variable est emblématique des contrées du Nord, bien qu’il se rencontre aussi dans les Alpes (où il accuse une forte régression de ses effectifs depuis les années 50) et qu’il ait eu une tentative d’introduction de cette espèce dans les Pyrénées, mais infructueuse. Il est  un beau programme de rando en montagne à lui tout seul.

Voici donc un animal parfaitement adapté au milieu montagnard hivernal et ses caractéristiques ne sont pas sans  rappeler celles du  lagopède et particulièrement,  celles du lagopède alpin. Son corps plus ramassé que le lièvre de Monsieur La Fontaine (celui qui perd la course contre la tortue est supposé être le lièvre d’Europe) lui évite de trop importantes pertes calorifiques ; Ses pieds particulièrement longs et larges nous ont certainement inspirés dans la pratique des raquettes à neige. Et puis, si l’on excepte l’extrémité  de ses oreilles et le  pourtour de ses yeux noirs, on peut penser qu’il est à  l’origine de l’expression « blanc comme neige ». Ceci  ne signifie pas seulement innocence mais aussi camouflage et  économie d’énergie, le blanc limitant le rayonnement de chaleur de l’animal.

Malgré son nom latin (Lepus timidus), notre animal n’est pas si très timoré. Mes deux premières rencontres avec le lièvre variable ont eu lieu à proximité de stations de ski de piste, autrement dit dans des lieux non sauvages. Pas si surprenant  quand on comprend que la proximité des pistes peu fréquentée par l’aigle royal est en somme une protection contre ce prédateur.  Ceci dit, les plus importantes populations de ce lièvre blanc se  trouvent dans des massifs éloignés de toute massive  présence humaine. Forte de quelques renseignements pris au préalable, me voici partie sur les traces du lièvre variable vers un munro de la région de Glen Lednock,  appareil photo en poche. Je vous parle d’un appareil de photo prévu pour immortaliser des souvenirs de vacances ou de randonnée  et non  d’un appareil pro prévu pour la photo animalière. Il fallait donc avoir la chance de le voir d’assez près. Serait -ce la bonne orientation du (très fort) vent,  le caractère peu apeuré de cet animal grâce à  la saison des amours – ou « bouquetage »-  commencée  (ou les deux?) qui m’a permis hier de l’approcher au delà de mes espérances et d’en faire une photo acceptable? Disons même mieux : De les approcher puisque , me voici soudain devant deux  beaux lièvres bien blancs, plus affairés à se tourner autour et à se nourrir de temps en temps  que de guetter l’éventuel danger.

Une belle et blanche rencontre donc, qu’il  était bien temps de faire car dans dans quelques semaines, la fonte  de la neige se traduira pour le lièvre variable en une mue de printemps avec une robe de transition bigarrée. Une fois devenu gris, il semble qu’on puisse plus le confondre avec le lapin de garenne qu’avec le beau lièvre  d’Europe.

Quand on sait qu’en bas des crêtes, une herbe bien verte qui sent l’approche du printemps et un parfait abri du vent ravirait la plupart des herbivores, on se dit  que le lièvre variable est une bien curieuse bête des froides contrées.

Forêt calédonienne

ECHOS D’ÉCOSSE N° 18 : FORET CALEDONIENNE

Petite précision de préambule, vous êtes toujours en Europe . Mon intention pour le moment n’est pas de vous parler de la nouvelle forêt calédonienne ou disons plutôt la forêt  de la Nouvelle Calédonie. Non vous n’êtes pas au beau milieu du Pacifique Sud, mais toujours bien  entre le Mer du Nord et l’Océan Atlantique au pays des phoques, des munros, des rennes , de la tourbe, du whisky et de tout ce que vous avez appris dans ces dernières chroniques sur la belle Ecosse. Nous laisserons donc de côté les denses  forêts humides du 21ième parallèle Sud pour revenir vers le 60ième parallèle Nord, ce qui est d’ailleurs bien rafraîchissant soudainement, n’est ce pas?

La forêt calédonienne est tout simplement la forêt primitive en Écosse, s’étirant du Nord au Sud des Highlands et tirant son nom de l’appellation romaine Caledonia Silva. Car effectivement, les romains sont remontés jusqu’ici mais l’esprit défensif des autochtones et la présence de cette forêt refuge finirent par décourager l’empereur  Hadrien. Pourtant, la moitié de la forêt d’origine avait déjà régréssé.  William Wallace, grand héros écossais,  au tout début du XIV iéme siècle , aurait réussi tout de même à s’y cacher pour  triompher  contre les anglais. Toujours est-il qu’ au XVIII iéme siècle, la forêt calédonienne est en grande partie disparue. Elle n’existe plus aujourd’hui que sous formes de  vestiges représentant 1% de sa surface d’origine. Composée essentiellement de bouleaux et de pins, on la trouve dans le massif des Cairngorms, et dans plusieurs secteurs de l’Ouest des Highlands.

C’est une belle forêt avec  un aspect surprenant pour tous ceux qui, sur le continent, sont familiers des pinèdes  :  Ce pin, appelé « Pin d’Ecosse »,  est enraciné dans un sol très humide. C’est pourtant bel et bien Pinus sylvestris, notre bien connu pin sylvestre, qui dans les Pyrénées affecte en revanche les terrains secs et ensoleillés. Un manifeste exemple d’adaptation, me direz vous. « On s’habitue à tout ».

La forte régression  de la forêt calédonienne (et de la faune forestière) s’explique en grande partie par le besoin de pâturages. Un fait qui nous rappelle bien l’histoire de la forêt pyrénéenne. La pratique de l’incendie des landes et des pinèdes par les éleveurs calédoniens  remonte à presque 4000 ans. A cela s’ajoute les feux réalisés au moyen âge par les vikings pour conquérir des territoires. Sur les cendres, le pin reprend mal et dans les zones sur-pâturées, la régénération ne peut pas se faire.  De nos jours, si l’élevage n’est plus une menace pour la forêt, le maintien de zones très ouvertes est encouragé par les propriétaires des grands domaines . La chasse au lagopède d’Ecosse et  au cerf  est une activité très pratiquée attirant une clientèle étrangère assez aisée. Les impressionnantes hardes de cerfs sont si nombreuses en Ecosse qu’on peut dire qu’il s’agit d’un nouveau type d’élevage.

 

Face au  manque de bois , des plantations  commencèrent au début du XX ième siècle. C’est ainsi que l’on peut voir des fréquemment des forêts taillées au carré, véritables champs d’épicéas, de douglas ou de mélèzes.

Robert Burns

ECHOS D’ÉCOSSE N° 17: ROBERT BURNS

C’est avec un peu de retard ( 8 jours exactement) que ce blog célèbre l’anniversaire de Robert Burns. Vous ne connaissez peut être pas Robert Burns? Alors, c’est sûr, vous n’êtes pas écossais! Car cette célébration est presque une fête nationale.

Mais qui est donc Robert Burns? Il est le poète écossais certainement le plus célèbre né il y 259 ans . Son  oeuvre très étoffée  passe du romantisme pur à l’humour, du poème au conte  en passant par la chanson. Issu d’un milieu très modeste, il revendiqua toute sa vie son désir d’égalité sociale.

Vous reconnaîtrez sans doute l’air de l’une de ces célèbres chansons, Auld Lang Syne :

Nous avons eu le privilège d’être invité à la célébration du Robert Burns’ birthday au sein d’un club de montagnards, et cette fois tout le monde était bien présent, même ceux qui ne marchent plus beaucoup en montagne. Toutes les étapes du protocole on été parfaitement  respectées,  adaptées bien sûr avec quelques fantaisies.

Une évocation de la grandeur du poète puis également des proches disparus ouvre la cérémonie.  Une  courte prière écrite par Robert Burns est récitée par les convives:  Certains ont de la viande mais ne peuvent pas manger – Certains voudraient manger mais ne le peuvent pas – Mais nous avons de la viande et nous pouvons manger – Loué soit le Seigneur ».

Une fois l’entrée servie, le plat principal est pompeusement introduit dans la salle à manger au son de la cornemuse. Vous l’avez peut être deviné, c’est le fameux haggis ou panse de brebis farcie. La bonne humeur monte. Norrie, un de nos gentils organisateurs de toujours ( piolet en main pour remplacer l’épée destinée à ouvrir la panse) récite:  « Avec ta bonne et belle bouille rebondie, de l’armée des puddings tu es le chef suprême ! Et tu prends dignement ton siège légitime, au-dessus des boyaux, des tripes, des andouilles, méritant bien un bénédicité, aussi long que mon bras ».  C’est le moment de trinquer. Les assiettes sont remplies, le haggis est accompagné de ses traditionnelles purées de navet orange et de pomme de terre,  les verres de whisky commencent leur farandole sans fin … . Il est d’ailleurs  recommandé de verser quelques gouttes de ce précieux breuvage sur le haggis. Tout au cours du repas et jusqu’à très loooongtemps après, les chants , les poèmes de Robert Burns (parfois très réadaptés) et les blagues des uns et des autres s’enchaînent. Guitare, mandoline et percussions nous emmènent dans une ambiance écossaise à 100%.

Soyez indulgents svp, je n’ai pas tout compris, surtout les poèmes ! Ma retransmission de l’événement comporte évidemment des manques. On ne décode pas l’Ecosse comme ça! Ce qui est sûr, c’est que la gaieté n’a pas manqué. Merci à vous , membres du 45° Moutaineering Club pour cette belle fête!

Randonnée côtière

ECHOS D’ÉCOSSE N° 16: RANDONNEE CÔTIÈRE

Restons sur le littoral, le même qu’évoqué dans l’article précédent, c’est à dire à l’Est de l’Ecosse, un peu plus au Nord cette fois, en remontant vers Aberdeen. Voici une randonnée côtière effectuée en plein hiver sous un soleil radieux, bien surprenant ce jour là . Car, en effet, le ciel du reste du pays était alors un peu morose avec une belle épaisseur de neige au sol dans les Highlands et les petits reliefs du centre. Il semble que ce contraste Est/Ouest soit assez courant en hiver pour s’inverser au printemps. Morale de l’histoire, surtout ne pas se tromper de côte, ou de saison.

Partant de Arbraoth, un petit port dont la renommée du poisson fumé (haddock, hareng) dépasse les frontières, cette randonnée côtière d’une dizaine de kilomètres, est absolument beautiful. A vrai dire, les 7 miles annoncés parurent  bien courts, c’est à se demander si la distance a réellement été bien calculée où si les paysages beaux et variés à admirer sans répit faussent la notion de distance. Un peu de saupoudrage de neige sur certains endroits de la plage, des falaises de grès rouges surmontés de pelouses encore vertes, des fleurs jaunes de genêts anticipant sur le printemps , le bleu du ciel et celui plus foncé de la mer d’huile : Toutes ces couleurs et le calme inhabituel de cette côte exceptionnellement non ventée nous ont fait le plus grand bien. Car oui, pas de vent, quelle  surprise excellente !

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Au retour, une flânerie dans le port d’Arbroath entre les bateaux de pêche et ceux de plaisance, entre les odeurs de poissons fumés  et celles nous  de la haute mer, a parfaitement ponctué cette belle journée.  Et puis un bon café (ce qui est rare) pris dans un bar convivial (ce qui n’est pas rare) pour couronner le tout. Qu’elle soit côtière ou montagnarde, la randonnée consiste bien en des plaisirs tout simples, ma foi!