Randonnée côtière

ECHOS D’ÉCOSSE N° 16: RANDONNEE CÔTIÈRE

Restons sur le littoral, le même qu’évoqué dans l’article précédent, c’est à dire à l’Est de l’Ecosse, un peu plus au Nord cette fois, en remontant vers Aberdeen. Voici une randonnée côtière effectuée en plein hiver sous un soleil radieux, bien surprenant ce jour là . Car, en effet, le ciel du reste du pays était alors un peu morose avec une belle épaisseur de neige au sol dans les Highlands et les petits reliefs du centre. Il semble que ce contraste Est/Ouest soit assez courant en hiver pour s’inverser au printemps. Morale de l’histoire, surtout ne pas se tromper de côte, ou de saison.

Partant de Arbraoth, un petit port dont la renommée du poisson fumé (haddock, hareng) dépasse les frontières, cette randonnée côtière d’une dizaine de kilomètres, est absolument beautiful. A vrai dire, les 7 miles annoncés parurent  bien courts, c’est à se demander si la distance a réellement été bien calculée où si les paysages beaux et variés à admirer sans répit faussent la notion de distance. Un peu de saupoudrage de neige sur certains endroits de la plage, des falaises de grès rouges surmontés de pelouses encore vertes, des fleurs jaunes de genêts anticipant sur le printemps , le bleu du ciel et celui plus foncé de la mer d’huile : Toutes ces couleurs et le calme inhabituel de cette côte exceptionnellement non ventée nous ont fait le plus grand bien. Car oui, pas de vent, quelle  surprise excellente !

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Au retour, une flânerie dans le port d’Arbroath entre les bateaux de pêche et ceux de plaisance, entre les odeurs de poissons fumés  et celles nous  de la haute mer, a parfaitement ponctué cette belle journée.  Et puis un bon café (ce qui est rare) pris dans un bar convivial (ce qui n’est pas rare) pour couronner le tout. Qu’elle soit côtière ou montagnarde, la randonnée consiste bien en des plaisirs tout simples, ma foi!

LE PHOQUE GRIS (ECHOS D’ECOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE N° 16: LE PHOQUE GRIS

Quoi de plus insolite que  d’évoquer le phoque gris dans un blog censé vous parler de montagne ! Eh bien pas tout à fait quand on sait que la montagne d’Ecosse borde parfois le littoral , rappelez vous l’article sur l’Ouest des Highlands.

Ceci dit, les phoques tant attendus que je vous montre ici vivent sur la côte Est de l’Ecosse dans la région de Fife (mer du Nord) , zone plus vallonnée que montagneuse. « Tant attendus » car nous cherchions le phoque gris depuis des heures sur la côte rocheuse  mais  c’est curieusement en plein dans le petit

phoque grisport de pêche de Pittenweem que nous l’avons découvert. A vrai dire, ce n’est pas si curieux : Nous n’étions pas les seuls à attendre le retour des bateaux dans l’après midi et pour le phoque, voici aussi le moment idéal pour faire son marché de poisson. Il y aura bien quelques spécimens jetés par dessus bord. Pas forcément les plus beaux, les plus gros mais de quoi nourrir ces habitués opportunistes. On imagine que cet animal a bon appétit quand à l’occasion d’un de ses plongeons, on découvre la taille de l’animal. Rien à voir avec la petite bête que j’imaginais, je la voyais grosse comme une marmotte. Disons qu’en la matière, il faudrait plutôt  comparer le phoque gris  à l’Ours brun des Pyrénées ( et encore, ce n’est pas suffisant, à moins  que l’on parle du légendaire ours Dominique abattu en 1848) puisque la bête peut peser jusqu’à 350 kg pour un mâle et  200 kgs pour une femelle.

 

 

Tantôt il ne montre que sa tête de chien mouillé, tantôt il apparaît de tout son long près de la surface. Il  semble s’amuser à se cacher pour ressortir en plein milieu des canards  (notamment des eiders) et des goélands, comme par surprise. En tout cas, nos trois phoques gris  assuraient avant hier une véritable animation dans le port de Pittenweem. Ils n’avaient cependant que les 5 spectateurs que nous étions, chien compris, d’ailleurs très  intrigué par cette créature encore jamais vue.

Les bretons et les normands souriront peut être de notre fascination de montagnards puisque le phoque gris est maintenant observable sur leurs côtes Atlantique. Les  plus grandes colonies européennes  sont  situées en Grande Bretagne et les côtes écossaises semblent les plus propices à leur observation.

LE LAGOPEDE (ECHOS D’ECOSSE )


ECHOS D’ECOSSE n°15 : LE LAGOPEDE D’ECOSSE

Depuis un bon moment déjà,  je compte vous parler du lagopède, assez souvent rencontré au cours de balades en montagne. J’aurai bien voulu pour cela vous en faire moi même une belle image, chose que je n’ai cependant pas encore réussie…

Je passerai rapidement sur le lagopède alpin (lagopus muta) que vous connaissez déjà dans les Pyrénées, tout au moins de nom. Vous n’avez peut être pas encore eu la chance de rencontrer ce bel oiseau, aux robes variables selon les saisons, qui affectionne les endroits les plus froids de nos montagnes (tous les goûts sont dans la nature!). En été, il fréquente les crêtes ventées, lui rappelant le milieu glaciaire auquel il est originellement adapté. Il n’est d’ailleurs pas très  farouche et le photographier n’est pas si difficile. Je ne vous parle pas de faire une bellelagopède photo, mais vous pourrez tout de même le distinguer ici, malgré son costume presque hivernal (il va encore blanchir) de camouflage dans le massif des Cairngorms (Rappelez vous, celui où il fait bien  froid).

Tout ça pour vous amener vers le lagopède d’Ecosse (lagopus scotica),- appelé communément « red grouse » dans son pays – qui, pas tout à fait comme son nom l’indique, est endémique de l’ensemble des îles britanniques. Il fût longtemps considéré comme une sous-espèce du lagopède des saules. Serait à force de lutte syndicale acharnée durant des années pour sa reconnaissance qu’il a aujourd’hui le statut d’espèce à part entière? Non, mais plutôt par le fait que le lagopède d’Ecosse garde un  plumage brun-rougeâtre tout au long de l’année,contrairement aux autres lagopèdes blanchissant en hiver. Seules ses pattes et ses doigts deviendront blanchâtres à la période la plus froide, se couvrant de nouvelles plumes. Même ses narines seront aussi dotées d’une protection supplémentaire. « Froid? moi? Jamais! » , le slogan publicitaire de célébres sous-vêtements thermolactyl, résume bien les adaptations de notre oiseau aux conditions glaciales. L’important pour lui, ce sont les landes à bruyère ( plus exactement à callune)  qui lui fournissent  un habitat, des sites de nidification et son alimentation. Dans la bruyère, tout se récupère, et tout est bon,  surtout en hiver: les parties ligneuses,  les pousses, les graines. Il s’avère que la callune a une haute valeur nutritionnelle.

Et pourquoi n’ai je pas pu  photographier correctement le lagopède d’Ecosse ?Tout simplement parce qu’il est à chaque fois très surprenant. Caché dans la bruyère, il surgit  parfois de façon impromptue à quelques pas  de vous depuis le sol, dans un caquètement d’affolement très sonore et peu harmonieux. Vous n’avez pas eu le  temps de réagir qu’il s’est déjà reposé quelques dizaines de mètres plus loin, blotti à nouveau dans la végétation. Laissons donc faire les spécialistes :  merci à J. Anderson pour les photos ci dessous.

 

BONNE ANNEE

La perspective d’une  nouvelle année est souvent celle de nouveaux projets. Je vous souhaite une très bonne année, rayonnante, haute en couleurs, avec la réussite de vos projets 2018.

NOEL ET SOLEIL (ECHOS D’ECOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°13 : NOEL ET SOLEIL

Je vous envoie cette clarté captée dans une forêt d’Ecosse pour vous souhaiter un JOYEUX NOEL et éclairer un peu plus vos jours de fête en cette fin d’année. Au Royaume Uni, Noël  semble encore plus attendu qu’en France, les réjouissances sont d’ailleurs en préparation depuis deux mois. Elles se prolongeront même jusqu’au 26 décembre, jour du « boxing day » pouvant être tout aussi bien un « walking day ». C’est d’ailleurs ce que feront bon nombre d’écossais si le soleil  annoncé est bien là : Randonner en montagne pour partager de bons moments et tenter d’alléger quelques éventuelles lourdeurs sur l’estomac accumulées la veille. Au delà des belles journées ensoleillées espérées en ces temps de Noël, la relation entre NOEL ET SOLEIL est intéressante à approfondir…

NOEL ET SOLEIL

NOEL ET DÉBUT DE RETOUR DU SOLEIL

Dans les Pyrénées comme en Ecosse les jours ont cessé de raccourcir le 21 décembre. Le solstice d’hiver, est passé : Youpi car les durées de jour en ce moment sont particulièrement courtes en Ecosse. Et pourtant, si le 21 décembre est le jour le plus court de l’année, le soleil se couche de plus en plus tard depuis le 13 décembre déjà. Mais le soleil a continué à se lever encore plus tard et fera même sa plus grasse matinée de l’année  le premier janvier 2018 (8h43!). Il est évident qu’il ne sera pas le seul dans ce cas là. A Edimbourg la durée du jour a été de 6h 57min 51s le 21 décembre. Ce n’est pas beaucoup, n’est ce pas? Ce n’est qu’à partir du 3 janvier que le Soleil commencera à se lever plus tôt et qu’il se couchera plus tard. Toujours à Edimbourg, la durée du jour sera de 17h 36min 51s le 21 juin. C’est presque trop, non ?

Noël, en pleine  période actuelle de  retour de la clarté, célèbre cette renaissance. Ce fût  avant le christianisation  la grande fête du soleil invaincu (Sol Invictus) sous le règne de l’empereur romain Aurélien. C’est aussi le  jour de naissance de la divinité solaire Mithra.

Nous voici donc maintenant beaucoup plus éclairés sur l’esprit lumineux de Noël.

 

 

EFFETS DE GEL (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°12 : EFFETS DE GEL

Les alternances de température se traduisent en hiver par des effets de gel très divers ici en Ecosse. Les chutes de neige ont été pour l’instant suivies par de belles périodes de froid sec, laissant la neige poudreuse à souhait, merveilleusement légère pour quelques jours. Pourtant, en moyenne montagne, le grand  froid ne semble pas encore  durer très longtemps à cette période de l’année. La neige s’humidifie alors, parfois même se gorge de pluie. Il s’ensuit  la formation de glace sur des surfaces très étendues, entretenue par le vent froid et permanent dans de nombreux endroits. C’est le cas des crêtes ou des pentes exposées au vent devenues alors aussi lisse que la  la vitre. Crampons et piolets deviennent souvent indispensables même pour une petite randonnée.

Les effets de gel sont spectaculaires sur les cascades, les lacs et les rivières. En peu de temps, les eaux se sont figées. La nature, dans sa fascinante créativité, nous offre une grande gamme d’oeuvres d’art qui va de la simplicité à l’excentricité. L’eau, dans ses différentes parures de gel, semble tantôt imiter le minéral (comme ces petits pompons d’aragonite présentés dans le diaporama suivant), tantôt le végétal. Parfois même, elle semble avoir dessiné des formes animales , des dents de requins par exemple. Elle laissent de toute façon cours à votre imagination que celle-ci soit plutôt orientée vers la Effets de gel sur la Loch Nessgéométrie, les petits lutins ou les légendes de créatures gigantesques momentanément endormis au fond des lochs. Evidemment, à ces mots, vous avez aussitôt pensé au monstre du  Loch Ness… Mais laissons le dormir à présent, nous partirons sur ces traces au printemps prochain quand il sera libéré du piège de la glace. 

En attendant, les cascades de glace représentent un terrain de jeu fantastique  pour les grimpeurs. L’Ecosse jouit d’une réputation internationale dans ce domaine. A Kinlocheven, petit village au coeur des Highlands, un centre d’entrainement, de formation et de compétitions accueille des maestros de la glace venus de partout.

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LA TOURBE (ECHOS D’ÉCOSSE)

ECHOS D’ÉCOSSE n°11 : LA TOURBE

Il semblerait que bon nombre d’entre vous parcourent ces « échos d’Ecosse » en attendant patiemment qu’on leur parle enfin de vraies choses, de ce qui à leur yeux (ou leur palais) sont l’essence même de l’Ecosse. Oui, par exemple,  de ce produit si bien connu qui a la couleur de la tourbe écossaise, qui en a légèrement  l’odeur, qui parfois même coule à flots. Mais non, il ne s’agit pas de la pluie quoique…..ce n’est pas ce que dit la photo ci dessous.

La pluie d’aujourd’hui est le Whisky de demain

Eh bien, encore raté pour aujourd’hui, je ne vous parlerai pas du whisky! Primo, car je n’en suis pas encore une connaisseuse, je n’ai pour l’instant qu’assisté à un grand moment de dégustation en refuge sans vraiment y participer (si, si) . Secundo, parce que comme pour toute chose, il faut bien partir du début.

Au commencement, Dieu créa l’Ecosse (et cela dût mettre beaucoup de temps !!!) . Il y ajouta un bon zeste de climat humide, de ces climats où les apports d’eau (pluie, neige, brouillard, ruissellement, nappe…) sont  égaux ou supérieurs aux pertes (évaporation, écoulements…) et où les températures ne sont pas franchement élevées. Une roche peu  poreuse, voire même imperméable et acide de préférence (granit, micas, quartz), des zones peu pentues, plates ou même mieux en creux, représentent les autres ingrédients nécessaires à la formation de ce sol si étrange qu’est la  tourbe. A ce point , nous sommes encore bien loin du whisky. Patience! Car la turbigenèse , (entendez par là la formation de la tourbe et non la dernière invention de Moulinex pour gagnez du temps, le temps  que vous auriez  perdu en lisant les chroniques de Randocarline), la  turbigenèse, disais-je, est un  processus qui peut durer des milliers d’années. C’est l’accumulation progressive de matière organique non décomposée (essentiellement végétale) et son tassement qui contribuent au fil du temps à former la tourbe. Il y a là des joncs, des carex, des mousses et notamment des sphaignes.

Sphaignes

Ces dernières sont particulièrement importantes car, produisant de l’acide organique, elles  entretiennent   et même renforcent l’acidité du sol. Ajoutons les linaigrettes que vous connaissez sûrement, la bruyère et même parfois des plantes reliques de la période glaciaire (certains saules nains) qui trouvent  ici leur dernier refuge. Grâce à ce milieu constamment gorgé d’eau,  donc très pauvre en oxygène,  la matière organique se conserve.

Dans ce sol très spongieux qui ne sèche jamais , le randonneur est peu à l’aise. C’est tant mieux, car son passage sur ce substrat fragile ne peut être que ravageur . Mais l’homme sait toutefois en faire usage. La tourbe, une fois séchée et découpée en briques, est un combustible excessivement riche en carbone, encore exploité dans certaines régions d’Ecosse, comme l’île de Skye ou la côte NW. Son exploitation est soumise à autorisation, et sa consommation à de bons estomacs

Consommation déconseillée

Et la whisky dans tout ça? La whiskygenèse est un processus lui aussi très lent  dont vous ne venez de lire qu’une avant-phase et qui sera l’objet d’un futur article ou d’une future visite avant après-rando,, pour  le petit groupe que j’attends en mai. Un détour par une distillerie, ça vous dit?

LES CAIRNGORMS (ECHOS D’ÉCOSSE)

 ECHOS D’ÉCOSSE n°10 : LES CAIRNGORMS

Ce nom gaélique est celui du plus grand massif de l’Ecosse contenant donc le plus de noms de sommets  imprononçables . Pas n’importe quels sommets puisqu’on y trouve  les Munros les plus hauts dont le Ben Macdui (1309 m), 2ème d’Ecosse après le Ben Nevis situé, lui, à l’Ouest des Cairngorms -mais pas très loin.  S’y situent également le Beinn a’Chaorainn, le Carn a’Choire Bhoidheach, le Carn an Fhidhleir, le Sgor an Lochain Uaine ou encore  (bientôt, promis, j’arrête momentanément de m’amuser à vous martyriser avec cette prononciation),  le Cairn Gorm  qui a donné son nom à cette ensemble géologique.

Prenant tour à tour, l’allure de hauts plateaux voire de toundras , de gigantesques collines aux dos ronds, de cirques alpins,  d’arêtes aiguës, de bassins lacustres immenses, de pentes recouvertes de superbes pins d’Ecosse (un pin sylvestre au port majestueux  qui ne rechignent pas aux sols humides), de vallées tantôt larges, tantôt étroites, les Cairngorms se parcourent dans tous les sens. Créé en 2003, ils  constituent le premier parc national d’Ecosse par sa superficie  de 4 528 km2 .L’habituel cerf élaphe, le lagopède alpin, le lagopède d’Ecosse se rencontrent facilement, Si le grand tétras est bien plus difficile à apercevoir (comme dans tout massif où il est présent), la chance de surprendre un renne n’est pas si rare. Notre petit groupe de randonneurs a d’ailleurs eu cet avant-cadeau de Noël il y a quelques jours. Le renne d’Europe, disparudes lieux  depuis 8500 ans, a en effet été (ré)introduit en Ecosse il y a 65 ans  dans le massif réputé le plus froid et le plus venté d’Ecosse, c’est  à dire près d’Aviemore dans les … Cairngorms.

Un vrai label!

 

 

En cette saison, vous imaginez donc qu’il  n’y fait déjà pas très chaud. La photo ci dessous prise au Sgor Gaoith, autrement dit au Pic du Vent, vous mettra dans l’ambiance du weekend dernier. Mais sur un autre sommet visité le lendemain au  nom tout simple de A’ Bheithneag Mhòr* ; l’air n’était pourtant pas plus chaud. Dire qu’il y a eu dans ce secteur, comme dans d’autres massifs d’Ecosse une activité  volcanique! Il est vrai que c’est  une bien vielle histoire de 460 millions d’années et que bien d’autres phénomènes géologiques et climatiques s’y sont passé depuis.

* Mes connaissances en gaélique sont trop pauvres pour vous offrir une traduction certaine. Celle ci semble faire débat. Une des hypothèses de traduction de « A’ Bheithneag Mhòrest » est le Pic de la conduite de cheminée : La traduction la meilleure à prendre pour  le montagnard qui, luttant contre les éléments pour parvenir au sommet, verra en le premier nuage un joli panache rassurant de fumée.

 

 

PREMIÈRES NEIGES – ECHOS D’ÉCOSSE

ECHOS D’ÉCOSSE n°9 : PREMIÈRES NEIGES

Au moment où elles commençaient à tomber dans les Pyrénées il y a une dizaine de jours , les premières neiges blanchissaientt aussi les sommets écossais. Le froid est donc bien  arrivé ,  il a même neigé brièvement  à 150 m d’altitude avant-hier. De petites cascades de glace commencent à se former sur les faces Nord des hauts sommets comme celle du  Ben Nevis.

Les premières neiges sont toujours une étape, elles marquent la fin d’une saison. C’est un grand pas dans l’hiver qui ici, l’hiver ne semble pas être une mince affaire. Pour continuer à parcourir la montagne, il ne faut  pas négliger son équipement. Doudoune, gants et bonnets sont déjà devenus impératifs en cette mi-novembre. Glagla!

LE HÊTRE D’ÉCOSSE (ECHOS D’ÉCOSSE )

ECHOS D’ÉCOSSE n°8 : LE HÊTRE D’ECOSSE

Parlons du hêtre d’Ecosse, avant que le vent plutôt dynamique d’aujourd’hui, ne fasse tomber ses dernières feuilles. Vous le connaissez, ce fagus sylvatica,  cet arbre si majestueux dans nos forêts des Pyrénées, de France et de Navarre. Fagus est une divinité celte,  un dieu-arbre dont des traces de culte ont été retrouvées  dans les Hautes Pyrénées (Si si, en Barousse). En montagne, le voici bien plus tortueux que dans les plaines de Picardie, souffrant de conditions rigoureuses et de sols pauvres, rechignant alors à pousser bien droit. C’est aussi le cas pour le hêtre d’Ecosse qui excelle dans l’art des silhouettes les plus excentriques, des troncs noueux , des branches lancées tout azimut et dans la fantaisie des excroissances.

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Pourtant, surprise, même si l’Ecosse semble un terrain de prédilection pour cette noble essence, même si le sol jamais sec et l’hygrométrie d’ Ecosse lui correspondent tout à fait, le hêtre d’Ecosse n’est peut être pas vraiment écossais. Il aurait été importé du sud de l’Angleterre et du sud du Pays de Galles et planté ici en Ecosse à l’âge de bronze . Ce hêtre anglais ou gallois daterait lui même du retrait des dernières glaciations. Est-il  venu du continent?  Que d’interrogations…  Vous mesurez donc la grave crise identitaire du hêtre en Grande Bretagne, et particulièrement du hêtre d’Ecosse et vous voyez venir la fameuse question « Hêtre ou ne pas Hêtre » que même Shakespeare lui-même  ne semble pas avoir résolue…

Pourtant un récent rapport  de chercheurs de l‘université de Stirling  (juillet 2017) a fait cette fois bien avancer le débat, et ce  grâce à l’examen  de l’ADN de 800 hêtres. Résultat : Le hêtre d’Ecosse serait bien un indigène, même si la population d’origine a été renforcée par des plantations. Voilà qui change tout! Le hêtre d’Ecosse, vilain petit canard accusé de domination au détriment de la végétation autochtone, est  réhabilité et redore  soudain son blason. C’est le cas de le dire surtout en cette période d’automne où le hêtre d’Ecosse nous ravit de son feuillage orangé si lumineux.

Pour finir, c’est incontournable, nommons ce bel arbre dans la langue de Shakespeare (encore lui c’est vrai , mais comment parler de Hêtre sans parler de ce célèbre penseur?): The BEECH. A ne pas confondre évidemment avec the Beach, mais de toute façon ce n’est pas la saison. A ne pas prononcer comme « Biche », bien que la hêtre et la biche, ma foi, vont plutôt bien ensemble. Car il vous faut prononcer un iiii un peu long : C’est là la subtilité de la langue anglaise. To beech or not to beech,  that is the question, comme dirait le Hêtre d’Ecosse.