Chasse à la limace

Il n’est pas toujours nécessaire de s’éloigner  loin de chez soi pour observer la nature,  celle-ci s’exprimant dès qu’elle le peut,  là où elle le peut. Dans votre jardin ou jardinet, dans le premier espace vert de votre quartier, peut-être même  dans une jardinière de votre balcon, il est fort probable que vous puissiez partir à la chasse à la limace. Un jeu sagace…

Un peu d’herbe et de l’humidité  sont pour la limace deux conditions sinequanone. Entendez herbe au sens large car les jardiniers vous le diront, la limace est ravageuse de nombreux tissus végétaux, de champignons, de racines et même de déchets animaux. Sans eau ou humidité, elle ne peut  produire de mucus et, par conséquent,  ne peut se déplacer.  Par temps sec, elle se confine alors  dans le sol patiemment, dans l’indifférence  totale des directives  d’Emmanuel et Edouard.  Ce qu’elle attend, c’est le retour des pluies ou une nuit fraîche et humide. C’est un moment idéal pour vous,  même en plein confinement : Partez à la  sportive chasse à la  limace et sans faire la grimace…

Cette sortie nocturne, à priori moins captivante  que celle de la recherche de vers luisants,  du pistage du  dahu, du cerf en plein brame ou du blaireau  peut pourtant s’avérer très intéressante. Vous surprendrez certainement notre grande loche dans différentes positions : Toute ronde à faire le gros dos, tête en haut ou  en bas à même un mur, en spirale lors de ses ébats amoureux  ou en plein étirement puisqu’elle peut atteindre  ainsi  20 cm. Ou bien vous la verrez grossir à vue d’œil  si elle sort d’une longue disette. Elle peut en effet  dans ce cas  ingérer jusqu’à l’équivalent de la moitié de son poids en une seule nuit. A moins qu’elle ne croise le crapaud, la taupe; le blaireau, la musaraigne; le hérisson…  La liste des prédateurs est longue  mais la chasse à la limace n’est pas forcément aussi facile qu’on ne le pense. En cas d’agression, notre animal déjà visqueux par nature produit un surplus de mucus. La voici devenue si gluante qu’elle regagne des chances d’échapper à son  prédateur maladroit. Perspicace, notre limace!

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En plaine, vous connaissez la limace rouge, à vrai dire le plus souvent orangée ou  marron/orangée. En montagne, nous la connaissons noire, sous l’effet du  « mélanisme montagnard » qui vise une  meilleure absorption des rayons calorifiques solaires et de s’échauffer plus vite . Rappelons que ce gastéropode (et tous les autres gastéropodes) est une espèce dite à sang froid  ou poïkilotherme  : Sa température corporelle étant tributaire du milieu ambiant, mieux vaut faire des réserves de chaleur qui seront bien utiles quand il fera un peu frisquet. Car Arion Rufus (c’est le petit nom latin de notre animal) n’a pas peur de monter à + de 2000m d’altitude. Si je vous dis que la limace noire effectue entre 2 et 3m de distance par jour, je vous imagine  déjà en train d’imaginer les randonnées interminables de la petite bête. Si partant de Loudenvielle, elle décide de se rendre au lac de Caillaouas, le printemps et l’été ou même son existence entière (18 mois grand  maximum) ne lui suffiront pas. Alors point  de Caillaouas pour notre limace?

C’est sans dire que l’incubation des œufs peut se dérouler à partir de  5°C (bien qu’ à cette température, cela dure 3 mois) et que l’éclosion peut donc se faire à 2000 m. Précisons cependant que l’animal devient peu fréquent à ces altitudes tandis qu’il est très commun dans nos jardins.  Partez donc  à l’inoffensive  chasse à la  limace !

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