L’hiver de toutes les saisons

L’hiver fut froid, très froid à ses débuts. Arrivé pour Noël, il a comblé tous ceux qui se languissaient de le voir venir. Ce fut donc les grands moments de la raquette à neige et du ski de randonnée. Poudreuse, légère , froide, tous des mots qui vont ensemble pour décrire de superbes conditions hivernales.

L’hiver fût froid, très froid mais très court. Aux températures rigoureuses de janvier succéda le redoux de février. Le marchand de sable venu du Sud passa, c’était la fin du froid . Ce vent chaud amena un teinte orangée sur la neige ainsi que le printemps, presque l’été. Oui déjà. On s’est adapté, on a laissé les raquettes, on a marché les pieds légers. C’était pas mal non plus.

Mars est le mois des giboulées et le froid fait actuellement un petit retour, de quoi reblanchir nos balades dans les Pyrénées jusqu’à la fin de l’hiver.

Fruits rouges

Fruits rouges, quatrième épisode de la saison 1.

Ne perdez pas de vue que je parle de saison 1 pour imiter Netflix. En réalité, mes derniers articles parlaient plutôt de la saison 3 si l’on considère que l’automne est la troisième saison de l’année. Nous venons tout juste de commencer la saison 4 (donc d’hiver) et les divers fruits rouges présentés aux épisodes précédents sont toujours de saison. Comme promis, voici pour clôturer notre sujet, le plus connu des fruits rouges de l’hiver : le fruit du Houx (Ilex aquifolium).

Voici donc un fruit qui parle à tout le monde et que l’on associe aux fêtes de fin d’année.

Le rouge vif de la baie sur le vert sombre des feuilles , c’est une image de Noël. La plante toute entière protège votre demeure, en éloigne les mauvais esprits. Il faut dire que ses jolies feuilles coriaces et bordées de piquants ne sont pas très avenantes . Elles ne rebutent pas seulement les herbivores mais houspillent littéralement les mauvais esprits, houspiller signifiant chasser avec un balai de houx. Houx-ouille, imaginez un peu…

Mais revenons-en à la baie du houx. Contrairement aux fruits rouges vus précédemment, ceux du houx sont toxiques. Ils contiennent des saponines , produites semble t-il pour réparer les dommages causés par les insectes, les bactéries et les champignons menaçant la croissance de la plante. Rassurez vous le goût amer et acide des baies vous coupera rapidement l’envie d’en abuser, la nature est bien faite. Vous ne les trouverez pas sur tous les arbres car le houx est une espèce dioïque (chaque arbuste est sexué).

Les pieds femelles portent donc les fruits. Si vous le recherchez pour décorer votre intérieur, n’en prélevez que très peu s’il vous plait ou abstenez vous, c’est encore mieux : Dans de nombreuses régions de France et au niveau mondial, la plante est inscrite sur la liste rouge IUCN en raison de son aspect menacé

Le houx, qui prend un x au singulier alors que le hibou ou le caillou en font un privilège de leur pluriel, rime parfaitement avec bisous, pourquoi pas bisoux si vous préférez. A Noël en effet , on s’embrasse sous le houx . Choisissez un beau spécimen couvert de fruits au cours d’une balade de Noël et embrassez vous dessous sans le cueillir (au jour de l’an, ce sera sous le gui).

Fruits rouges

Fruits rouges, épisode 3.

les mille et une sorbes

Après les cynorhodons puis les cenelles, voici un troisième fruit rouge de l’automne et de l’hiver : La sorbe. On en parle généralement au pluriel car i l s’agit d’un fruit qui ne sort jamais seul. Entendez par là : vous verrez toujours les sorbes en grappes, les sorbiers donnant l’impression de crouler sous le poids de leurs branches, encore bien après la chute de leurs feuilles. Les sorbes resteront agglutinées sur les branches pendant quelques semaines jusqu’en janvier, faisant fi de toute recommandation de distanciation sociale même après 20 heures. Le temps et le vent finiront par avoir raison de ces belles taches de couleurs. Les sorbes que les oiseaux n’ont pas consommées tomberont au sol et deviendront un complément alimentaire (riche en vitamine C ) pour le blaireau, le renard et petits mammifères. D’ailleurs, n’hésitez pas, vous pouvez vous aussi consommer ces fruits rouges sous forme de compotes, gelées, confitures, sauces, liqueurs ou boissons fermentées mais pour cela, cueillez les dès la fin de l’été.

Vous pensiez peut-être méconnaitre les sorbes, vous les avez pourtant certainement rencontrées sur le plus connu de tous les sorbiers : Le sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia ), appelé également des oiseleurs (ces derniers allant avec les premiers) . Prélevé par l’homme dans les lisières de forêts de montagne et légèrement modifié, le sorbier des oiseaux est couramment devenu un arbre d’ornement. Ses feuilles composées, aux folioles joliment dentées, ajoutent au charme des sorbes rouge clair. Au beau milieu de votre jardin dans un lieu lumineux, il se couvrira de belles fleurs blanches au printemps très appréciées des insectes avant de devenir le garde-manger hivernal des espèces citées précédemment. Le sorbier est un véritable arche de Noé!

Rendez vous la semaine prochaine pour notre dernier épisode et nos derniers fruits rouges.

Fruits rouges

Deuxième épisode de « fruits rouges » saison 1, puisque comme dit au premier épisode, j’ai encore quelques présentations à vous faire. Nous parlerons aujourd’hui de la cenelle. De la quoi? pensez vous. Non pas de la cannelle mais d’un fruit 100% du cru. Pour faire suite au cynorrhodon, nom compliqué d’un fruit qui finalement vous était familier, la cenelle est également peu connue, ou plutôt souvent inaperçue.

Elle se présente pourtant partout dans votre environnement que vous viviez en plaine, sur le littoral , en montagne ou même en périphérie d’une ville. Le rouge de ce fruit est plus sombre que le précédent aux nuances orangées.

Il semble que l’on se soit désintéressé de ce fruit tout simplement parce qu’il est petit et discret, bien qu’il ne faille pas forcément voir une relation de cause à effet entre ces deux caractéristiques (Je veux dire par là que je connais un certain nombre de petits individus qui cherchent à attirer l’attention et je ne pense pas au bouvreuil pivoine, ni au martin pêcheur). Et pourtant selon l’adage « tout ce qui est petit est gentil », il est comestible et même très bénéfique pour la santé de votre cœur et de vos artères. Mais recentrons nous sur l’aspect de ce fruit : Au centre justement, nous découvrons un gros noyau qui prend toute la place. La pulpe autour de ce noyau n’est qu’un petit filet, tellement fin qu’il vous faudrait un très gros panier pour vous nourrir de votre cueillette. A moins que vous n’ayez un appétit d’oiseau. Et là, cela tombe bien, car la cenelle est un des précieux fruits rouges pour les passereaux qui passent l’hiver dans nos contrées. De plus gros oiseaux, renards et petits rongeurs en font aussi leurs desserts, voire leurs plats de résistance s’ils ne sont pas pressés.

Quant à nous, c’est certainement notre manque de patience à débarrasser la chair de son noyau qui nous a fait oublier ce fruit. Ou bien son goût qui, avouons-le, n’a rien d’exquis.

Allez il est temps de lever le suspense. Les cenelles, ces fruits rouges pas rares du tout sont les fruits de la merveilleuse… aubépine dont nous avions déjà parlé il y a quelques années. Je ne peux résister à vous envoyer une photo de ce majestueux arbuste rencontré en ce début de semaine qui est même un joli petit arbre. Dénudé en ce début décembre, notre surnommée « épine blanche » se couvrira de fleurs dès le début du printemps, avant même de faire ses feuilles. Elle ponctuera la montagne de superbes pompons blancs. Mais avant cela, laissons venir l’hiver et une autre blancheur (qui arrive gentiment).

Retrouvez notre troisième épisode de « fruits rouges » la semaine prochaine.

Fruits rouges

Si je vous dis fruits rouges, je vous vois venir: Vous pensez été, framboises, fraises, mûres et cassis. Vous vous imaginez peut être au petit déjeuner en train de tartiner vos toasts avec votre confiture-maison préférée, devant un smoothie en terrasse, ou devant un kir au coucher du soleil sur la plage de vos vacances.

Pourtant, en cette période de fin novembre, des fruits rouges sont toujours là et ne manquent pas dans la nature. Durant la randonnée d’aujourd’hui (dépassant enfin le kilomètre autorisé), j’en ai dénombré trois sortes très visibles grâce aux feuilles de leurs arbres désormais tombées au sol . Commençons aujourd’hui par la première.

fruits rouges
fruits rouges

Le Cynorrhodon, nom pas toujours connu d’une baie très connue est le fruit de l’églantier ou, si vous préférez, de notre rosier des champs. C’est en début d’hiver que ces jolis fruits rouges commencent à regorger de saveur. Pressez le cynorrhodon du bout des doigts et un petit cylindre de pulpe sucrée vous offrira un succulent (petit) goûter et un bel apport en vitamine C. Gardez-vous d’ouvrir le fruit, il sera difficile de se débarrasser des poils désagréables qui entourent les graines et qui sont à l’origine de la mauvaise réputation du cynorrhodon…

Ca y est, vous avez reconnu l’impopulaire « poil à gratter », le « rosier des chiens » (étymologie: kunorhodon, qui signifie « rose de chien » en grec ) ou encore « le gratte-cul ». Pour tout vous dire, le cynorrhodon est un faux fruit et les graines des fausses graines mais de vrais fruits. N’y voyez pas un sketch à la Devos mais une vraie fausse vérité. L’enveloppe rouge de notre faux-fruit est l’ancien réceptacle de la rose (la belle églantine) et contient un bonne vingtaine d’akènes. Entendez par akènes des fruits devenus secs, ceux là même que l’on a tendance à prendre pour des graines velues. La délicieuse chair que nous venons de goûter est l’enveloppe de ces petits fruits qui s’échappent par l’urne du Cynorrhodon.

Prochainement, je vous présenterai deux autres fruits rouges. En attendant, ne vous privez pas de la dégustation du cynorrhodon durant vos balades mais laissez en toutefois aux oiseaux et aux renards.

Faînes

Comment ne pas associer l’automne aux belles balades dans la hêtraie et à l’abondance des faînes. A vrai dire, la quantité de faines est variable d’une année à l’autre et il semblerait que 2020 soit une bonne année en la matière. Comme quoi, il y a des bonnes nouvelles! Ours, sangliers, cervidés, rongeurs et diverses oiseaux s’en donnent à cœur joie, ils se font du gras pour l’hiver.

Ces fruits secs sont d’ailleurs tout à fait consommables pour les humains également et furent récoltés durant des siècles. Savourez-les grillés pour l’apéro, vous m’en direz des nouvelles! leur goût est comparable à celui de la châtaigne, à celui de la noisette ou du pignon de pin. A déguster avec modération, vous l’avez compris, mais pas seulement pour leur aspect calorique : Leur forte teneur en tanins rend la faine toxique en cas de consommation excessive.

Après nous avoir offert le spectacle de ses splendides couleurs lumineuses, le hêtre rentré dans un demi-sommeil a encore donc beaucoup à nous offrir. Son fruit hérissé et dur, donc peu commode aux premiers abords, renferme deux véritables douceurs. A maturation, la cupule s’ouvrira d’elle-même et projettera sur le sol deux petits cônes d’un joli brun : la tendresse du fruit est là. Il n’y a plus qu’à partir marcher dans les épais tapis de feuilles de hêtres, de pister, et de se pencher pour ramasser. Attention, dernière opération importante avant de manger: Débarrasser la faine de son enveloppe rigide.

Finalement, la récolte de ces petits fruits, leur épluchage fastidieux, leur préparation en bouillie ou la récupération de l’huile ne sont pas une mince affaire. C’est peut être ce qui explique l’abandon progressif de la consommation de la faine, sauf durant les périodes de disette.

Précisons que la faine est un fruit très répandu dans notre pays car le hêtre est une des principales essences dominantes de nos forêts. Que ce soit par gourmandise ou par simple curiosité, ça vous dit une bonne rando dans la hêtraie?

La nature de chez nous

Les effets du confinement se font sentir : Après une absence que vous aurez certainement jugée trop prolongée, la pigiste de Randocarline est de retour . Les randonnées en montagne sont suspendues, le temps des articles est revenu.

Rester chez soi est la consigne, alors voici une nouvelle occasion d’explorer, ce chez soi. Certes, chez vous, chez nous ou chez moi ne sont pas les mêmes « chez soi ». Mais il existe de nombreux points communs entre la nature de la montagne et celle de la plaine , celle du littoral, celle des parcs, peut être même celle de votre jardin.

Alors parlons de « la nature de chez nous » et penchons nous aujourd’hui sur cet arbre rencontré aujourd’hui et représenté sur la colonne de droite. Un drôle d’arbre à priori mais à y regarder de plus près, nous avons ici deux végétaux : Le premier est le moins visible puisque de lui, il ne reste qu’un tronc mort (un sapin pectiné, décimé par la tempête).

La deuxième plante est une opportuniste qui a trouvé en le premier un excellent tuteur : Le lierre, que l’on aurait tendance à classer dans les parasites, mais à tort. Il suffit de constater que la plante a un système racinaire bien à elle et que son emprise sur les troncs est plus relâchée qu’elle n’y parait en premier lieu.

Une des grandes caractéristiques du lierre est sa production de fruits décalée dans le temps. Comme nous le pouvons le voir ci-contre, c’est actuellement la pleine floraison , bien appréciée des abeilles d’ailleurs. Les fruits, d’un noir bleuté seront prêts en début d’hiver et deviendront les gourmandises de multiples oiseaux . Mais ne vous y aventurez pas, ces baies sont tout aussi infectes que le miel de lierre pour le palais humain. C’est d’ailleurs un fruit toxique pour la majorité des mammifères.

A bientôt pour un prochain moment de nature !

Les nuages sont photogéniques

Les nuages sont photogéniques, un nouvel argument pour vous faire aimer la montagne par tous les temps. Ils inventent toujours de nouvelles formes et apportent du relief au paysage. Certes, direz-vous, le relief en montagne, ce n’est pas ce qui manque. Mais lorsqu’il s’agit de photo, les brumes permettent de mieux souligner les crêtes, les arêtes, les cuvettes, les vallons. Après un petit stage-photo au début de cet été où j’ai eu le plaisir de participer en tant accompagnatrice montagne et simple observatrice, j’aurai au moins retenu ce point : Place aux nuages! On parle ici de bancs de nuages venant lécher les crêtes, de mers de nuages, de jolis rouleaux blancs comme on peut souvent le voir au fil de la frontière sur laquelle ils se désagrègent , de filaments dans le ciel ou de cumulus, ces fameux « nuages de beau temps » qui savent prendre les formes les plus originales. Ils laissent alors aller votre imagination : Ici, vous discernez un renard, un ours, une citadelle, un dragon, un troupeau de moutons ou plein d’autres choses encore.

Les nuages sont photogéniques car ils captent merveilleusement la lumière dont ils savent en décliner les nuances. Ils amènent de beaux contrastes et font ressortir les sujets se détachant du paysage.

Les nuages sont photogéniques, mais pas seulement : Par temps de forte chaleur, quand ils deviennent prometteurs d’une ondée rafraîchissante pour les plantes , les bêtes et les hommes, ils sont tous simplement géniaux. Au cours de juillet et août derniers globalement très chauds, nous les avons souvent remerciés.

Les nuages sont photogéniques, c’est aujourd’hui notre fil conducteur pour évoquer en images quelques instants pèle-mêle de notre été de randonnées, entre juin et avant-hier (fabuleux lever du soleil). Toutes ces fantaisies du ciel , moins fréquentes que d’habitude, ont un peu manqué dans le ciel d’été 2020. Il fallait donc les photographier.

Retrouvailles

En dépit des restrictions que nous avons connues ces derniers temps, la randonnée dans les Pyrénées, c’est une valeur que bon nombre d’entre vous n’ont pas perdue. Bien au contraire! Retrouver l’ambiance de la montagne sauvage, surprendre à nouveau des animaux sauvages, marcher parmi les fleurs, se fasciner devant l’immensité des paysages, respirer : Voilà bien des choses que l’on ne peut pas abandonner comme ça et qui , pendant le confinement, ont été la lumière que l’on aperçoit au bout du tunnel. C’est bien, nous n’en avons pas raté la sortie. Oh que non, belles retrouvailles!

Tous ces séjours de juin ont été vécu avec d’autant plus d’entrain et d’enthousiasme encore que d’habitude. La réglementation en vigueur ne nous a pas permis de cheminer comme prévu dans les Pyrénées espagnoles. Peu importe, nous avons changé de montagnes et nous sommes évadés sur le versant français. Des pensées amicales aux inscrits que le travail où les soucis de santé ont cependant retenus : vous nous avez manqué, mais on compte sur vous l’année prochaine.

C’était donc tant pis pour l’Espagne, mais ce fût tant mieux pour les superbes montagnes du Louron, de la Vallée d’Aspe et du Luchonnais. Malgré quelques menaces orageuses finalement peu gênantes, des moments de grande fraîcheur peu ordinaires pour la période, des rares moments de pluie, la liberté retrouvée eut un goût particulièrement doux, quiconque pourra se l’imaginer. Chacun avait amené son soleil. Je vous ai retrouvés, vous mes amis de montagne de plus ou moins longue date, et c’était déjà le premier des bonheurs. Belles retrouvailles. Merci d’être venus, phrase bateau peut-être mais pourtant dite ici dans son sens profond. Votre fidélité, notre amitié mutuelle me sont précieuses.